Le Marché Immobilier

Primo-accédants,
le parcours du combattant

Primo-accédants : une chance pour l’immobilier

La crise de l’immobilier a fait augmenter mécaniquement le nombre des primo-accédants sur le marché. Jeunes par nature, ils représentent une vraie chance pour faire émerger cette France des propriétaires depuis longtemps attendue. Encore faut-il faciliter au mieux ce qui parfois s’apparente à un parcours semé d’angoisse, de difficultés et d’incertitudes.

Les obstacles du premier choix

Les primo-accédants européens sont tous relativement jeunes, de 32 à 35 ans en moyenne. Ils se trouvent confrontés aujourd’hui à une multitude de difficultés, à l’heure où l’avenir professionnel et même sentimental n’ont jamais été aussi incertains. Acquérir un logement est une décision qui sème le doute. Pour 94 % des personnes interrogées, être propriétaire est un idéal, mais 41 % des primo-accédants jugent avoir été anxieux vis-à-vis de ce premier achat. Le plaisir est là mais il est tempéré par une projection dans l’avenir qui reste incertain. Enfin, pour acheter, les primo-accédants doivent surtout être duo-accédants. En effet être deux pour réaliser ce projet commun est capital d’un point de vue financier et pour l’apport personnel.


"Quel était votre état d'esprit lors de votre dernier achat ?"
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Quel était votre état d'esprit lors de votre dernier achat ?  Non primo-accédants => 70% content, 30 anxieux. Primo-accédants de -  de 5 ans => 59% content, 41% anxieux

* Source : Observatoire Cetelem 2010


Entre évidence et complexité

Pour autant, au moment de devenir propriétaire, l’idée n’est pas synonyme de difficulté. Seuls 30 % des primo-accédants déclarent avoir éprouvé des difficultés lorsqu’ils l’ont envisagé. Ce qui les fait réfléchir, et donc hésiter, c’est de prendre un crédit sur une très longue durée (plus de 20 ans) et même de renoncer aux avantages auxquels ils avaient droit en tant que locataires. Aujourd’hui un primo-accédant depuis moins de cinq ans sur deux juge que les démarches étaient compliquées. Mais comme cette « angoisse » est surtout celle d’un moment, les personnes interrogées jugent que l’accès à la propriété est rapide : moins d’un an.


Des difficultés à géométrie variable

Dans 52 % des cas, la rencontre des professionnels de l’immobilier et des primo-accédants n’est pas jugée satisfaisante. Sont invoqués principalement la perte de temps, les biens ne correspondant pas aux attentes,… Par ailleurs, l’estimation des capacités de financement est également source de difficultés pour un primo-accédant sur deux. Ils découvrent que les frais de diagnostic d’un bien et les assurances sont élevés, qu’ils ne vont pas pouvoir obtenir d’aides de l’État, qu’ils vont devoir payer les charges foncières ou de copropriété… Par ailleurs, côté finances, seuls 41 % des primo-accédants jugent la rencontre avec la banque problématique. Ensuite, ils peuvent être assaillis d’interrogations qui soulignent l’importance de leur choix et ses conséquences à long terme. Enfin seuls 29 % des primo-accédants rencontrent des difficultés au moment de monter le dossier de financement.


Un choix sans (trop de ) concessions

Les primo-accédants font un tour rapide du propriétaire. 28 % n’ont visité qu’un ou deux logements et 21 % cinq au plus. C’est un achat « coup de cœur ». Au niveau négociation, les primo-accédants ont dû abdiquer sur le prix et se résoudre à acheter plus cher que prévu ou à choisir un logement avec moins de pièces que souhaité. Seuls 17 % d’entre eux ont refusé tout compromis.


S’informer, du virtuel à la réalité

Les trois quarts des primo-accédants depuis moins de cinq déclarent avoir consulté les annonces internet des agences immobilières plutôt que les annonces papier. 58 % des personnes interrogées ont un avis favorable sur la pertinence d’internet quant à leur recherche. Toutefois les primo-accédants en demandent plus : photos du bien, visite virtuelle, adresse précise pour découvrir les alentours… Internet doit donc encore faire des efforts pour devenir un outil prescripteur incontournable.


Une influence de proximité

88 % des primo-accédants depuis moins de cinq ans témoignent que leurs parents sont propriétaires. C’est la reconduction d’un statut social allant de soi, une nécessité de s’appuyer sur le vécu des référents les plus naturels. Ce sont d’ailleurs les parents qui influencent le plus leurs enfants dans leur parcours immobilier : 45 % déclarent que rien ne vaut l’avis des parents. Bien plus que les professionnels, agents immobiliers, promoteurs ou même banquiers. D’ailleurs les personnes interrogées ont un point de vue très contrasté sur ces professionnels. Seuls ceux qui donnent plus de conseils et accompagnent vraiment les démarches de façon soutenue tirent leur épingle du jeu. Pour l’ensemble des professionnels de l’immobilier, l’accompagnement doit devenir une réelle valeur ajoutée proposée à leurs clients.

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