11 Le manque de confiance impacte la consommation

Incertitude et scandales

Si vous demandez aux acteurs du marché, particulièrement financiers, le mot qu’ils honnissent le plus, incertitude viendra certainement en tête de liste. Pourtant, force est de constater que depuis de nombreuses années, c’est une valeur à la hausse avec son corolaire de surprises, de scandales et de mystères. Alors que la crise des subprimes ou, de façon plus lointaine, l’épisode Enron est encore dans tous les esprits, le scandale Volkswagen, prolongé par ceux associant d’autres constructeurs automobiles, a jeté la méfiance sur une entreprise jusqu’alors digne de confiance. Le Brexit et l’avènement de Donald Trump ont définitivement instillé le sentiment que rien n’était désormais impossible.

Des consommateurs freinés

L’Observatoire Cetelem de la Consommation l’avait déjà souligné dans de précédentes éditions, le comportement des consommateurs européens a sensiblement évolué ces dernières années dans un contexte de crise puissant et prégnant. Cette édition 2017 placée sous le thème de la confiance ne fait que le confirmer.

L’inquiétude exprimée par les Européens se traduit dans les arbitrages qu’ils opèrent concernant leur budget. Si 59 % déclarent que c’est avant tout un manque de moyens qui les freine dans leurs dépenses, ils sont 45 % à déclarer préférer épargner pour se préserver d’un éventuel coup dur. Le manque de confiance dans l’avenir et l’évolution de la situation de leur pays sont autant de freins pour la consommation des Européens.

 

Paroles de consommateurs

« Je ne suis pas malheureux ! Je gagne correctement ma vie, 2 000 € nets par mois, et j’ai de l‘épargne. Je ne me prive pas mais je dois faire attention et trouver des bons plans. »

Oui donc pour consommer – seulement 31 % des Européens reportent de plus en plus leur achat – mais pas n’importe comment. Plus que jamais, il convient de ne pas faire de folies.

90 % des personnes interrogées comparent les prix avant d’acheter. Dans ce domaine, les Portugais sont insurpassables (97 %) alors que les Danois feraient presque preuve d’insouciance (73 %). Le résultat français est légèrement supérieur à la moyenne (92 %).

 

 

En 2016, la consommation rime encore et toujours avec réflexion. 85 % des Européens prennent de plus en plus le temps de réfléchir avant d’acheter. Une fois encore, les Portugais, avec les Slovaques, se montrent les plus appliqués (91 %). Et une fois encore, les Danois expriment une certaine impulsivité (67 %).

Le nombre en augmentation des devis réalisés par les Européens avant leur achat traduit aussi la prudence consumériste de notre époque (79 %). Et, changement notable, Portugais et Danois ne se distinguent pas en ce domaine. Espagne, Autriche, Allemagne, Tchéquie, Roumanie et Slovaquie se rejoignent avec un score d’environ 90 % pour pousser le plus loin possible la mise en concurrence tandis que Polonais et Belges se tiennent un peu à l’écart de ce mouvement (environ 60 %).

Au final, c’est l’hésitation qui domine quand il s’agit de passer à l’acte. 79 % des Européens tergiversent de plus en plus avant d’acheter. Les cousins ibériques occupent avec les Slovaques le haut de ce classement (89 % pour le Portugal et 88 % pour l’Espagne et la Slovaquie) alors que les Danois se montrent à nouveau les moins indécis.