04 Épicuriens sans le savoir

Sans le savoir, les Millennials semblent être les plus fidèles représentants de l’épicurisme dans sa réelle acception, cette philosophie qui vise la recherche d’un bonheur constant, de la sagesse de l’esprit, de plaisirs sains et mesurés. Vivant les pieds sur terre, la tête un peu dans les étoiles, conciliant bonheur de vivre et lucidité, les Millennials ne sont en ça pas si éloignés de leurs aînés. Avec eux, ils partagent de nombreuses valeurs qui structurent leur vie.

Famille, je vous aime

Profiter de leur famille et des proches est la chose la plus importante à leurs yeux. 57 % s’en réclament (vs 65 % des + de 35 ans). Dans ce registre, les Tchèques, les Slovaques et les Roumains sont les plus nombreux à avoir cet objectif en tête (66 %, 66 % et 62 %) alors que seulement 46 % des Millennials italiens déclarent y accorder une importance. Un résultat qui, une fois encore, rebat certaines idées reçues.

 

 

Stabilité professionnelle

Placés au début de leur vie active, les Millennials européens font de la stabilité professionnelle la deuxième valeur qui compte. 50 % y attachent de l’importance. Les résultats mettent en évidence une relative corrélation entre cette « valeur » et le taux de chômage. Plus ce dernier est élevé, plus les Millennials européens sont attachés à avoir un travail dans la durée. C’est notamment le cas en Espagne et au Portugal (61 % et 64 %, à l’opposé de la Suède et de la Grande-Bretagne (36 % et 43 %). En France, le résultat s’établit légèrement en dessous de la moyenne européenne (46 %).

L’importance d’avoir une vie saine

Pour continuer à filer la veine philosophique, les Millennials font leur la sentence de Juvénal : Mens sana in corpore sano. En troisième position de leur classement valeurs, ils placent la quête d’une vie saine pour 44 % d’entre eux, le fait d’être en bonne condition physique recueille également 36 % des suffrages. Roumains, Portugais et Danois sont très attachés à la première citée (63 %, 52 % et 50 %), pour des Polonais, des Slovaques et des Bulgares qui y accordent une moindre importance (29 %, 33 % et 37 %). Pour les Italiens, les Allemands et les Autrichiens, la condition physique est la chose la chose la plus importante, les Bulgares, les Portugais et les Polonais en faisant peu cas.

Esprit d’ouverture

Comparativement aux autres générations, la rupture est sensible sur le thème de la soif de découverte, de culture. 39 % des Millennials européens en expriment le désir contre seulement 26 % des + de 35 ans. L’élan de la jeunesse qui s’opposerait à une certaine résignation venant avec l’âge. En ce domaine, les Autrichiens, les Bulgares et les Hongrois se déclarent les plus curieux (52 %, 47 % et 47 %). « Terres de culture » traditionnelles, la
France et l’Italie enregistrent de faibles scores (32 % et 27 %).

Ce besoin d’ouverture est corroboré par leur envie de voyage (38 %) et la nécessité de vivre des expériences fortes (32 %). Les Italiens, les Suédois et les Espagnols se montrent alors les plus décidés à franchir les frontières, les Hongrois, les Slovaques et les Britanniques étant plus casaniers.