09 L’automobile pour aujourd’hui et pour longtemps

L’un des grands enseignements de L’Observatoire Cetelem Automobile 2017 montre que les automobilistes n’en restent pas aux intentions et aux déclarations. Certes le plaisir, l’amour de la conduite et la liberté associés à la voiture sont clairement affichés, mais les intentions d’acheter le sont tout autant. Et surtout ils comptent y mettre le prix !

Des envies de dépenser plus

Plus de 9 automobilistes sur 10 qui souhaitent acquérir une voiture dans les deux ans envisagent de débourser une somme au moins aussi importante que pour leur véhicule actuel, 6 sur 10 voulant dépenser plus.

C’est en Europe, au Japon et aux États-Unis que l’on trouve les intentions les plus mesurées, avec « seulement » 47 % d’intentions de dépenser plus. Les Polonais affichent plus d’ambitions que leurs voisins européens, avec 62 % qui déclarent être prêts à dépenser plus que de raison pour s’offrir une belle voiture. Dans les pays émergents, et notamment en Chine, où la génération des primo-accédants arrive en phase de renouvellement, la montée en gamme est aussi évidente. 93 % des Chinois indiquent d’ailleurs être prêts à casser leur tirelire pour se faire plaisir, 78 % disant vouloir dépenser plus.

 

 

Des prix moyens qui augmentent

Ces déclarations d’intentions se confirment dans les chiffres. Sur les cinq dernières années, le prix moyen de vente des automobiles neuves a augmenté dans la plupart des pays européens, ainsi qu’aux États-Unis. Il n’y a guère qu’en Espagne et au Portugal où la tendance s’est inscrite en baisse en raison d’une conjoncture économique particulièrement difficile. L’engouement pour les SUV explique en grande partie l’augmentation du prix moyen des automobiles, ce type de véhicules étant vendu un peu plus cher qu’une berline de taille équivalente.

En Chine, la baisse du prix moyen observée entre 2011 et 2015 ne doit pas être interprétée comme une ombre au tableau. Bien au contraire, elle est le signe de la diffusion du produit automobile au sein des classes moyennes « moins fortunées » que les premières clientèles. Une diffusion marquée dans les villes de tailles intermédiaires situées à l’intérieur des terres où « l’appétit » pour la voiture est énorme. L’arrivée sur le marché de SUV de marques chinoises, à la fois bien designés et abordables financièrement, participe largement à ce phénomène de démocratisation de l’automobile. Et l’effort consenti par les acheteurs automobiles chinois reste très largement supérieur à celui observé dans les pays développés.

En 2014, un acheteur déboursait en moyenne l’équivalent de 1,2 année de salaire pour s’offrir une automobile neuve (avec des pics à plus de 2 pour les segments de luxe), quand un acheteur européen versait l’équivalent d’une demi-année de son salaire, contre un tiers pour un acheteur américain.

 

Un attachement revendiqué

Mais existe-t-il pourtant une possibilité pour que la voiture disparaisse de l’horizon des consommateurs ? Certainement pas, nous disent les automobilistes.
Question possession, seulement 2 automobilistes sur 10 se déclarent prêts à ne plus avoir de voiture un jour, et pas dans l’immédiat. Les plus réfractaires à cette idée sont les automobilistes des pays émergents, particulièrement les Chinois dont l’appétence automobile est récente. À l’opposé, le consommateur japonais semble davantage prêt à passer le cap.
L’utilisation de la voiture est tout aussi clairement proclamée. Pour 8 personnes sur 10, hors de question de s’en passer, les plus résolus étant une fois encore les Chinois. 80 % des Français pensent de même, résultat en accord avec celui des autres pays européens.
Et toujours 8 automobilistes sur 10 affirment enfin que la voiture sera aussi importante, voire plus importante aujourd’hui que dans 20 ans. La voiture est aujourd’hui bien-aimée. Elle le sera sans nul doute encore pour longtemps.

Paroles de consommateurs

« J’utilise l’autopartage tous les jours. Je n’ai pas de frais, peu de responsabilité et une liberté presque totale. »

Les perspectives porteuses du marché automobile

  • En Chine, le potentiel de croissance est indéniable. Il s’exprimera néanmoins plus lentement que par le passé.
  • Au Brésil, une fois le pays sorti de l’impasse politique et économique, les besoins de motorisation latents ne devraient pas tarder à s’exprimer à nouveau.
  • En Turquie, la faiblesse du taux de motorisation et l’âge élevé du parc en circulation (12,7 ans) devraient permettre à la demande de s’exprimer à moyen terme.
  • Au Mexique, la récente baisse des importations de véhicules d’occasion donnera un bol d’air frais au marché du neuf (+4,5 % par an attendus).
  • Les entreprises joueront un rôle croissant dans la dynamique des marchés des pays développés où l’équipement automobile frôle la saturation.

Avec la diffusion d’offres de financement de type leasing et la multiplication de nouvelles solutions de mobilité collaboratives comme l’auto-partage, la propriété du véhicule basculera progressivement du champ privé vers le champ public ou professionnel. L’accès à l’automobilité de populations qui en étaient privées jusqu’ici sera ainsi facilité.

Par ailleurs, dans un monde où les entreprises sont en recherche de moyens de séduire et de fidéliser leurs collaborateurs, et d’optimiser la gestion des coûts du travail, les véhicules dits de société se présenteront comme une solution de revenu en nature intéressante à prendre en charge.

Ce transfert de propriété du consommateur vers l’entreprise ou la collectivité s’accompagnera d’une accélération naturelle des cycles de renouvellement. Le phénomène observé de vieillissement perpétuel des parcs devrait ainsi être ralenti, voire contrecarré.