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Des magasins qui ne vendent rien restent des magasins

Vu à Paris et à Berlin…

Récemment ouvert dans les locaux de l’ancienne gare de Reuilly, Siga-Siga est le premier magasin «plein d’objets, mais où rien n’est à vendre» imaginé autour de deux nouvelles nécessités : la gestion des déchets et la solidarité. Ici, pas de troc, pas de tickets de caisse, tout est donné. Tous les âges, tous les styles, toutes les classes sociales s’y croisent et peuvent librement prendre (ou apporter) ce qu’ils souhaitent (ou ne veulent plus) : vaisselle, couverts, jouets, livres, vêtements, petit électroménager qui, tous, doivent être déposés en bon état… Dans un coin, un comptoir fait office de bar pour faciliter l’échange entre «acheteurs». Le café y est proposé à un prix libre… Ce type d’expérience existe déjà à Berlin où les «Umsonstladen» («magasins pour rien») remportent un franc succès.

Qu’en penser ?

Facteur d’étonnement, et même d’un peu de gêne, pour tous ceux qui la découvrent, la boutique Siga-Siga apparaît comme un «ovni» dans le paysage commercial habituel. Ici, le commerce cesse d’être un lieu de transactions pour se concentrer sur sa seule dimension relationnelle : favoriser les rencontres entre «visiteurs», certes, mais aussi suggérer l’échange en mettant en scène l’idée du don. Le don n’est pas synonyme de gratuité. Il est fondé sur la relation de confiance entre les différents acteurs et contribue à donner à ceux-ci le sentiment d’appartenir à une même communauté. Chaque personne repart du magasin avec une mission : prendre soin de l’objet qu’elle a récupéré et éventuellement réfléchir à ce qu’elle pourrait donner en retour. C’est le principe de l’économie circulaire. Echanger des produits devient synonyme d’entrer dans l’histoire d’un autre alors qu’acheter un produit neuf, c’est entrer dans l’histoire d’une marque. Pouvoir prendre un objet librement, c’est aussi s’interroger sur ses propres besoins et, paradoxalement, davantage réfléchir à la valeur des choses, voire à leur nécessité, que dans le cadre d’un commerce traditionnel marqué par la pression de la mode ou le poids des imaginaires de marques. Favoriser la convivialité, contribuer à diffuser un sentiment communautaire et savoir répondre à la question du sens : trois enjeux que le commerce traditionnel devrait ne jamais perdre de vue…


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En bref

TipOtop est une plateforme de réservation de cours et prestations entre particuliers qui offre la liberté de payer le prix de son choix selon sa satisfaction, à la fin de la séance.


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En bref

Dans six villes américaines et à Londres, Ford teste en ce moment un système d’auto-partage entre ses clients finançant l’achat de leur véhicule par crédit. Une manière pour eux d’alléger les coûts mensuels générés par leur voiture.


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En bref

Après les «légumes moches», Intermarché s’apprête à proposer une offre de «biscuits moches» : des biscuits qui auraient dû être écartés du marché pour des défauts d’aspect, vendus 30 % moins chers, mais qui présentent les mêmes qualités nutritionnelles et gustatives que les biscuits traditionnels.


Et aussi

Alors que les Français sont 77,8 % à se dire dérangés à l’idée que des fichiers regroupent leurs informations personnelles, ils sont 61 % à juger que les marques en savent trop sur eux. Les consommateurs jugent que le niveau d’intrusion des marques dans leur vie privée est très élevé pour 16,5 % du panel, élevé pour 45 %, et moyen pour 34,1 % (Baromètre de l’Intrusion-Publicis ETO).