39e jour

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D
es mots au fil du confinement…

BULLE

Le fantasme de la campagne à la ville taraude les esprits depuis le XVIIIe siècle. Et si nous avions réussi à lui donner vie en nous confinant ? Fort est de constater que la ville d’aujourd’hui ne ressemble plus à la ville d’avant le 17 mars.

Le bruit est devenu silence. Les oiseaux n’avaient pas disparu des villes, mais maintenant que la circulation est restreinte et que les avions ont déserté le ciel, ils ont de nouveau le chant libre. La ville était synonyme de pollution et voilà que l’air n’a jamais été aussi pur avec une chute notable des émissions de gaz à effet de serre et une baisse des taux de particules fines.

Un peu partout, des animaux étonnés pointent de nouveau leurs becs et leurs museaux. Ici, des écureuils, des canards, des hérissons et des fouines, là, des loups, des cerfs et des chevreuils dans les allées désertées des grandes villes. Les pelouses non tondues fleurissent et offrent de nouvelles ressources aux bourdons, abeilles et papillons. La nature menacée a repris ses droits. Comme si nous vivions dans une bulle. Derrière la dystopie de la pandémie, l’utopie de la nature retrouvée.

La bulle du confinement avait commencé comme une bulle de temps. La voici devenue bulle d’air, de nature et de silence. La preuve, sous nos yeux, que nous avons le pouvoir de changer le monde. Attention à ne pas sortir du confinement trop vite pour préserver cette bulle aux bois dormants.