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Le “Prime Day” d’Amazon, des super-soldes devenues incontournables

(AFP) – Avec son “Prime Day”, le géant américain du commerce en ligne Amazon a de nouveau prouvé sa capacité à bousculer une industrie en faisant d’une simple journée de soldes en ligne un événement international sur lequel ses concurrents sont obligés de s’aligner.

Pour marquer le coup, le groupe a fait appel cette année à la grande star américaine de la pop Taylor Swift dont il diffuse en ligne un concert pré-enregistré. 

Mais si les internautes se ruent sur le site d’Amazon lundi et mardi, ce sera surtout pour les rabais considérables, les ventes flash et les offres exclusives sur certains produits que promet le groupe dans 17 pays. L’événement avait généré 3,2 milliards de dollars de ventes l’an dernier; il pourrait en dégager 5 milliards cette année, selon l’analyste de JPMorgan Doug Anmuth. 

Face à un tel succès, les autres acteurs majeurs de la distribution comme Walmart, Target ou eBay ont été obligés d’emboîter le pas.

Selon le cabinet de recherche RetailMeNot, environ 250 commerçants devraient au total proposer des promotions pour tenter de grignoter des parts de marché.

“Mi-juillet était traditionnellement l’un des moments les plus calmes de l’année pour les commerçants, Prime Day a vraiment transformé la donne”, remarque Andrew Lipsman du cabinet de recherche eMarketer.

– ‘Crash Day’ –

Pour le groupe de l’homme le plus riche au monde, Jeff Bezos, l’événement n’est pas seulement l’occasion de dégager un énorme chiffre d’affaires.

“Il permet à Amazon de mieux jauger la demande des consommateurs pour la deuxième partie de l’année, de tester en grandeur nature une journée de pointe pour ses entrepôts et sa chaîne logistique avant la saison des fêtes de fin d’année et d’attirer de nouveaux adhérents à son service Prime avant les fêtes”, remarque Doug Anmuth.

C’est justement pour promouvoir ce programme de fidélité, un abonnement qui donne accès à l’ensemble de son écosystème, qu’Amazon avait lancé son premier “Prime Day” en 2015. Le succès fut immédiat: les ventes ont dès la première édition dépassé celles du “Black Friday”, une journée importante de soldes aux Etats-Unis marquant généralement le lancement de la saison des achats de Noël.

Impossible pour les concurrents de rester les bras croisés. 

Se moquant des nombreux problèmes techniques auxquels Amazon a dû faire face lors des précédentes éditions, le site de vente en ligne eBay a surnommé l’événement “Crash Day”. Mais a dû aussi créer sa propre version.

“Si l’histoire se répète et qu’Amazon plante ce jour-là, la vague de +promos à ne pas rater+ offertes par eBay sur certains des articles les plus demandés vont emballer les clients dans le monde entier”, assure le site. 

Le numéro un mondial des supermarchés Walmart prévoit aussi quatre jours de soldes à partir de dimanche, mettant en avant le fait que ses clients n’ont pas besoin, contrairement à ceux d’Amazon, d’adhérer à un programme de fidélité pour profiter de la plupart des promos. 

Les chaînes Target, Macy’s, Nordstrom, Best Buy, et même la boutique en ligne de Google, devraient aussi se joindre à la partie.

Selon un sondage réalisé par le cabinet Adlucent, 75% des consommateurs américains devraient au moins jeter un oeil aux promotions. 

– Salariés en grève –

Etre leader sur son créneau n’est pas de tout repos pour Amazon. 

Les salariés d’au moins un entrepôt aux Etats-Unis, dans le Minnesota, vont profiter du Prime Day pour mettre en avant leurs revendications en faisant grève au démarrage de l’événement.

Et la petite librairie en ligne devenue un groupe tentaculaire avec des incursions dans la vidéo en ligne, l’informatique dématérialisée et une kyrielle d’autres services, s’attire régulièrement l’attention des autorités de la concurrence.

Pourtant le groupe n’est pas toujours aussi dominant qu’on pourrait le croire. 

Le cabinet de recherche eMarketer a ainsi révisé à la baisse cette semaine ses estimations sur les parts de marché détenus par Amazon dans le commerce en ligne aux Etats-Unis après des données dévoilées par Jeff Bezos, de 49% à 37,2%.

Mais eMarketer prévoit aussi que 65 millions de ménages américains devraient être abonnés au service Prime d’Amazon d’ici la fin de l’année, soit plus de la moitié des ménages du pays. 

(Crédits photo : Bridget BENNETT / AFP )