06 Une compétitivité relative

Avec ses spécificités, le VE peut techniquement convenir aux usages d’un grand nombre d’automobilistes. Pour être définitivement adopté, il lui reste un cap ultime à franchir : celui de la compétitivité. L’essentiel des ménages n’opteront pour la solution électrique que si elle est financièrement avantageuse.

Un coût d’achat jugé supérieur

Pour 86 % des répondants, un véhicule électrique coûte plus cher à l’achat que son équivalent thermique.

 

 

Cette assertion est vérifiée dans les faits, un véhicule électrique restant globalement plus cher qu’un véhicule thermique, principalement en raison du coût de sa batterie. Pour les automobilistes, c’est l’argument numéro 1 qui justifie le fait de ne pas vouloir acheter de véhicule électrique, et ce dans les 16 pays de l’étude.

 

 

Les Chinois et Norvégiens se démarquent quelque peu sur la question (65 % et 64 %). Les fortes incitations financières dont ils bénéficient pour l’achat d’un véhicule électrique modèrent sans doute leur jugement. Pourtant, la Chine et la Norvège ne sont pas les seuls pays à proposer de telles incitations financières. Mais étonnamment, 49 % des répondants ne savent pas si des aides ou incitations à l’achat d’un véhicule électrique sont proposées dans leur pays, et seulement 32 % affirment que oui.

 

 

Avec respectivement 65 % et 55 % des répondants déclarant connaître l’existence d’aides financières à l’achat d’un véhicule électrique, Chinois et Français s’estiment les mieux informés, reflétant la volonté de leurs gouvernements à communiquer largement sur ce sujet.

Un coût d’usage plus attractif

Mais le coût à l’usage du VE lui redonne des couleurs économiques. Possible installation d’une prise de recharge à domicile, entretien, énergie, assurance, éventuelle location de la batterie, l’ensemble des frais reste bien inférieur à ceux d’un véhicule thermique équivalent. Avec une électricité moins chère que les carburants fossiles, l’économie est principalement réalisée sur l’énergie. Cet avantage financier, les automobilistes en ont pleinement conscience. 68 % affirment qu’un véhicule électrique demande moins d’entretien qu’un véhicule thermique

 

 

et 77 % le jugent économique à l’usage.

 

 

Paroles de conducteurs

« Un véhicule électrique, c’est le jour et la nuit en termes de coût. Le véhicule, je l’utilise et je le recharge pour rien, totalement à la maison. »

 

La nécessité d’être aidé financièrement

Cependant, même cet atout à l’usage ne suffit pas à convaincre définitivement les automobilistes. Perçu comme prohibitif, le coût d’achat lui fait écran. En considérant l’ensemble des coûts liés au VE, 38 % le trouvent un peu plus cher et 35 % beaucoup plus cher.

 

 

Conséquence, 42 % des répondants ne souhaitent faire aucun effort pour acheter un VE et seulement 28 % accepteraient un effort inférieur à 10 % du prix de la version thermique.

 

 

Les incitations financières sont donc essentielles pour réduire le coût d’achat et l’écart de coût total de possession (TCO) entre voitures électriques et conventionnelles. Elles sont particulièrement indispensables dans cette phase actuelle de déploiement de la technologie pour amorcer et renforcer un cercle vertueux. Un cercle structuré autour de l’augmentation des ventes, l’intensification de la production et l’amélioration de la technologie, notamment la performance des batteries, qui contribuera à lever le frein financier.

L’espérance de vie des batteries sujette à caution

On y revient encore et toujours, les batteries cristallisent les problématiques du VE. 71 % des automobilistes jugent leur durée de vie trop courte.

 

 

27 % l’estiment à 3-4 ans, 20 % à 5-10 ans et seulement 4 % au-delà de 10 ans.

 

 

Leur perte de capacité est bien réelle mais progressive. Si elles peuvent supporter un nombre défini de cycles de charge et de décharge, elles perdent non pas toute leur capacité, mais une part non négligeable de celle-ci. En-dessous de 75 %, elles ne sont plus vraiment adaptées aux exigences automobiles. Pour une batterie lithium, les premiers retours d’expérience donnent une durée de vie d’une dizaine d’années. Les constructeurs proposent une garantie d’environ 5 ans pour les automobilistes qui souhaitent l’acheter (8 ans chez Tesla). Pour ceux qui préfèrent louer, les constructeurs les changent en-dessous du seuil des 70 %. Une sécurité, mais un coût additionnel, pour qui craint l’obsolescence de sa batterie.

Revendre oui, mais à qui et à quel prix ?

Lorsqu’il s’agit d’adopter une nouvelle technologie, être en capacité d’estimer la valeur résiduelle de son véhicule et le revendre facilement peut s’avérer rassurant. Or 84 % des répondants estiment que l’on ne connaît pas encore l’évolution de la cote en occasion, et donc la valeur des véhicules à la revente.

 

 

Une évaluation rendue particulièrement difficile du fait qu’environ un tiers de la valeur réside dans la batterie dont la capacité diminue progressivement et par le nombre très limité de VE sur le marché. 74 % des automobilistes interrogés s’accordent sur cette rareté.

 

 

Sans surprise, les Norvégiens se distinguent à ce sujet (49 %), la plus grande maturité du marché local justifiant l’arrivée précoce des VE en occasion.

Par ailleurs, les progrès fulgurants réalisés sur les nouveaux modèles contribuent à dégrader rapidement la cote des véhicules électriques et génèrent une incertitude supplémentaire chez les futurs acquéreurs. À titre d’exemple, la ZOE nouvelle génération, commercialisée début 2017, offre une autonomie quasi doublée, rendant les premiers modèles moins attractifs.

Afin de rassurer les potentiels acheteurs, les constructeurs créent des labels ou des offres spécifiques entièrement dédiés à la revente d’un VEO (véhicule électrique d’occasion), tels le Nissan Club et l’Occasion ZE chez Renault. De quoi inciter les automobilistes à sauter le pas en s’affranchissant, en partie, du prix élevé d’un VE neuf tout en comptant sur les labels constructeurs pour s’assurer de la fiabilité de leur véhicule d’occasion.

Développé de longue date dans les pays anglo-saxons, et de plus en plus prisé ailleurs, le leasing automobile offre aussi une solution face à l’angoisse de la durabilité de la batterie. En effet, en louant le VE ou sa batterie pour 3 ou 4 ans comme c’est souvent le cas, le risque et la crainte de rouler longtemps avec une batterie dépassée se trouvent maîtrisés. De même, pré-négociée en amont, l’incertitude liée à la valeur résiduelle de la batterie disparaît.

 

Le véhicule électrique pour l’ensemble des répondants

C'est…Ce n'est pas…
SilencieuxUne voiture d’appoint
EcologiqueSophistiqué
La nécessité d’accéder à une borneRéservé à l’auto-partage
ModerneDangereux
Plus cher à l’achatUn effet de mode
Peu de modèles disponiblesUne voiture féminine