Partie - Santé et bien-être, des enjeux majeurs pour demain

Et surtout, la santé !

5 min reading time

Avec la crise sanitaire de la Covid-19, les questions sociétales se sont focalisées sur le thème de la santé, particulièrement celles des séniors. Avec les années post-pandémie, son importance est plus que jamais d’actualité. Et avec le temps qui passe, la vie qui file son cours, la santé constitue le centre d’intérêt premier des séniors comme le montre cette édition de l’Observatoire Cetelem. Pour autant, elle ne saurait, bien au contraire, se réduire aux soins nécessaires pour la préserver. Être en bonne santé, bien sûr, mais surtout pour profiter de la vie, de préférence chez soi, en pleine autonomie.

UNE PRÉOCCUPATION MULTIGÉNÉRATIONNELLE

Nous venons de le voir, l’évolution du système de santé est un enjeu majeur dans les sociétés européennes. Au-delà de cette inquiétude d’ordre politique, financière et organisationnelle, la santé est, de loin et quelle que soit la tranche d’âge, le centre d’intérêt principal des Européens. 8 sur 10 s’accordent pour faire du « bien vieillir en bonne santé » leur priorité. Un score en légère augmentation depuis 2016. En toute logique, les séniors se mobilisent en masse autour de cet objectif (91 %) avec des plus jeunes qui, s’ils y pensent moins, y pensent cependant beaucoup. D’un pays à l’autre, le niveau d’opinions favorables est à peu près comparable. Cette priorité est au plus haut en France et en Italie, alors qu’elle atteint un plancher en Pologne (83 % et 85 % vs 67 %).

Fig 12 – Définition du bien vieillir selon l’âge

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Présente les critères jugés essentiels pour bien vieillir selon l’âge Le tableau présente les critères associés au « bien vieillir », avec comparaisons par tranche d’âge. Les pourcentages indiquent la part des répondants citant chaque critère La colonne « Rappel Obs. 2016 » permet une comparaison temporelle Données (ensemble) Être en bonne santé : 79 % Avoir une bonne situation financière : 60 % Être entouré de ses proches : 55 % Avoir un environnement de qualité : 55 % Avoir des activités de sport ou loisirs : 37 % Avoir des activités associatives ou professionnelles : 24 % Enseignement principal La santé est de loin le critère le plus cité pour bien vieillir, avec une importance croissante chez les 60 ans et plus. Source : Toluna

VIVRE EN BONNE SANTÉ : LES BELLES ESPÉRANCES

Si l’on s’accorde pour dire que l’âge moyen de départ à la retraite se situe vers 65 ans, l’enjeu d’une bonne santé à venir n’en prend que plus d’importance. Les séniors vont avoir le temps devant eux, encore faut-il que celui-ci soit paisible et dégagé de tout souci. L’espérance de vie en bonne santé nous montre qu’aux alentours des dix années futures, ils n’ont aucune raison de verser dans une hypocondrie soutenue et vont pouvoir pleinement jouer leur rôle social et économique, de plus en plus important dans les pays européens.

Deux éléments méritent d’être soulignés. La crise sanitaire de la Covid-19 est venue enrayer, sans doute momentanément, cette belle mécanique conduisant à une espérance de vie en bonne santé inférieure à celle qui prévalait il y a dix ans. La puissance économique de chaque pays, et donc le niveau de vie de ses habitants, influe aussi très positivement sur ce paramètre. 

L’organisation sociale joue également un rôle central, comme le confirme la plus grande espérance de vie en bonne santé des Suédois.

Fig 13 – Espérance de vie en bonne santé à 65 ans

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Compare l’espérance de vie en bonne santé à partir de 65 ans selon les pays et les années Le graphique mesure le nombre d’années qu’une personne de 65 ans peut espérer vivre sans limitations de santé graves ou modérées. Données (valeurs 2023) Allemagne : 12,0 ans Belgique : 11,5 ans Espagne : 10,3 ans France : 11,3 ans Italie : 10,8 ans Pologne : 8,7 ans Portugal : 8,4 ans Roumanie : 4,0 ans Royaume-Uni : 10,4 ans Suède : 13,9 ans Enseignement principal Les écarts entre pays sont importants, avec une espérance de vie en bonne santé nettement plus élevée en Europe du Nord qu’en Europe de l’Est. Source : Eurostat

EN FAIRE PLUS

Pour relever les défis qui s’annoncent liés à une augmentation de la population des séniors sans cesse croissante, le système de santé est au cœur des préoccupations. Parmi toutes les mesures qui doivent être mises en œuvre de façon prioritaire, le renforcer s’impose très nettement avec 38 % des intentions recueillies. Un premier objectif qui est bien sûr celui des séniors, mais également celui des moins de 60 ans (48 % et 35 %).

Dans tous les pays, cette mesure est mise en avant, hormis en Allemagne où l’adaptation du système de financement des retraites lui est préférée, son adaptation face à l’un des plus forts vieillissements de population en Europe étant une priorité.

Fig 14 – Actions prioritaires face au vieillissement démographique

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Présente les actions jugées prioritaires pour répondre à l’augmentation du nombre de seniors Le tableau synthétise les actions considérées comme prioritaires pour faire face au vieillissement de la population, avec comparaison par âge. Renforcer le système de santé : 38 % Adapter le financement des retraites : 30 % Soutenir davantage les aidants familiaux : 25 % Développer le logement adapté : 22 % Renforcer le soutien aux jeunes familles : 18 % Politique de natalité forte : 15 % Encourager le travail des seniors : 14 % Immigration comme levier démographique : 12 % Enseignement principal Le renforcement du système de santé apparaît comme la priorité la plus fréquemment citée, en particulier par les 60 ans et plus. Source : Toluna

LE POIDS FINANCIER DE LA SANTÉ

Fig 15 – Dépenses courantes de santé par pays

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Compare les dépenses courantes de santé en milliards d’euros en 2024 selon les pays Le graphique présente le montant total des dépenses courantes de santé pour l’année 2024. Les valeurs sont exprimées en milliards d’euros Données Allemagne : 473,5 France : 309,2 Royaume-Uni : 356,3 Italie : 193,5 Espagne : 162,6 Pologne : 80,6 Suède : 65,0 Belgique : 60,1 Portugal : 35,4 Enseignement principal Les dépenses de santé varient fortement selon la taille démographique et économique des pays, avec des montants particulièrement élevés en Allemagne, au Royaume-Uni et en France. Source : OCDE

Fig 16 – Dépenses de santé rapportées au PIB

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Compare la part du PIB consacrée aux dépenses courantes de santé selon les pays et les années Le graphique montre l’évolution de la part du produit intérieur brut consacrée aux dépenses de santé entre 2016 et 2024. Les valeurs sont exprimées en pourcentage du PIB Données (valeurs 2024) Allemagne : 12,3 % France : 11,5 % Royaume-Uni : 11,1 % Suède : 11,3 % Belgique : 11,0 % Espagne : 9,2 % Italie : 8,4 % Portugal : 10,2 % Pologne : 8,1 % Enseignement principal La part du PIB consacrée à la santé est plus élevée en Europe du Nord et de l’Ouest qu’en Europe du Sud et de l’Est. Source : OCDE

Abstraction faite de la crise sanitaire de la Covid-19 qui a naturellement constitué un pic en matière de dépenses de santé, celles-ci ne cessent de croître depuis 10 ans dans la plupart des pays européens. 

En France, en 2024, elles représentent 11,5 % du PIB, contre 10 % en moyenne en Europe. L’Italie est l’un des rares pays où elles sont en recul, des millions d’Italiens ayant renoncé à se soigner en raison des problèmes économiques, des différences territoriales en termes de prise en charge des soins et de délais d’attente trop importants. 

Parallèlement, les dépenses liées au bien-être* ont représenté entre 8 % et 10 % du PIB en France, contre environ 9 % en Europe (source : Global Wellness Economy Monitor 2025).

*Immobilier de bien-être, bien-être mental, activité physique, soins personnels et beauté, alimentation saine, nutrition et perte de poids, médecines traditionnelles et complémentaires, tourisme de bien-être, spas, sources thermales et minérales, santé publique, prévention et médecine personnalisée, bien-être au travail.

UNE FAÇON DE PRENDRE SOIN DE SOI QUI SE NUMÉRISE

La santé est un enjeu d’avenir pour lequel l’emploi des nouvelles technologies (télémédecine, IA, médecine prédictive, etc.) sera un atout. Les séniors le soulignent en accordant une réelle attention à ces technologies qui permettront de mieux vieillir chez soi, le plus longtemps possible. 4 sur 10 utilisent ou sont prêts à les utiliser dans un proche avenir. Les Roumains et les Polonais se montrent particulièrement résolus à passer à l’acte numérique (77 % et 72 %). Les Belges et les Français sont plus circonspects (32 % et 33 %). Une différence due à la taille et à l’efficacité relatives du système de soins dans ces quatre pays ?

Fig 17 – Usage des technologies numériques de santé des seniors

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Compare l’usage et l’intention d’usage des technologies de santé numérique chez les 60 ans et plus selon les pays Le graphique présente la part des personnes âgées de 60 ans et plus utilisant ou envisageant d’utiliser des technologies numériques pour vieillir en meilleure santé. Les pourcentages sont exprimés sur la population des 60 ans et plus Données (ensemble) Utilisent : 15 % N’utilisent pas mais envisagent : 25 % N’utilisent pas et n’envisagent pas : 60 % Repères par pays (utilisent) Allemagne : 18 % France : 13 % Italie : 9 % Pologne : 24 % Suède : 16 % Enseignement principal Dans tous les pays, une majorité de seniors n’utilise pas les technologies numériques de santé, avec toutefois une part non négligeable exprimant une intention future. Source : Toluna

Sous-Partie précédente
Générations, presque bien sous tous rapports
Sous-Partie suivante
Être bien chez soi