Partie - Les séniors et l’argent

L’argent, différentes couleurs selon l’âge

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ARGENT ET VALEURS : QUAND LE FOSSÉ SE CREUSE

En écho à la réalité des chiffres qui révèle les différences de revenus selon les tranches d’âge, plus d’1 sénior sur 2 constate que le fossé entre générations s’est creusé depuis 10 ans en termes de pouvoir d’achat. Soulignons que ce point de vue est partagé par l’ensemble des classes d’âge, les Français étant les plus nombreux à pointer la croissance de cet écart. Ce ressenti financier s’ac- compagne d’une semblable prise de conscience à propos des valeurs qui ne seraient plus tout à fait les mêmes depuis une décennie.

Fig 51 – Évolution perçue du fossé générationnel

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Comparaison de la perception du fossé générationnel selon l’âge et le thème pouvoir d’achat ou valeurs Ce graphique compare la perception de l’évolution du fossé générationnel par rapport à il y a dix ans, exprimée en pourcentage, selon l’âge et deux dimensions : le pouvoir d’achat et les valeurs. Pour le pouvoir d’achat, 47 % de l’ensemble des répondants estiment que le fossé s’est creusé, 19 % qu’il est resté le même et 34 % qu’il s’est réduit. Chez les 60 ans et plus, 52 % estiment que le fossé s’est creusé. Pour les valeurs, 46 % de l’ensemble estiment que le fossé s’est creusé. Chez les moins de 30 ans, 43 % partagent cet avis, tandis que 41 % estiment qu’il s’est réduit. Source : Toluna.

UN ÉVIDENT SOUTIEN FINANCIER POUR LES PLUS JEUNES

Malgré tout – pouvoir d’achat, revenus ou patrimoine moindres – soutenir financièrement ses enfants s’impose aux yeux des séniors comme une évidence. 8 sur 10 jugent important d’aider leur descendance. C’est notamment le cas dans les pays latins où les intentions frôlent, voire dépassent les 90 %. Au contraire de l’Allemagne et de la Suède où cette intention va moins de soi. Une nouvelle illustration des différences socio-cultuelles, et même culturelles, entre pays catholiques et pays protestants ?

Ce souhait d’aider financièrement ses enfants n’en reste pas au stade des intentions, mais devient concret pour une très grande majorité des séniors. 7 sur 10 mettent occasionnellement la main au portefeuille pour au moins un poste de dépenses. À ce sujet, les cartes géographiques et culturelles sont totalement rebattues. Aux côtés des Roumains, Polonais et des Portugais, les Français et les Italiens se montrent les plus généreux. Les Allemands et les Espagnols s’associent dans un duo de pays plus frugaux.

Fig 52 – Importance du soutien financier aux descendants

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Histogramme montrant l’importance accordée par les seniors au soutien financier des enfants et petits-enfants Ce graphique présente la part de seniors estimant important ou non de soutenir financièrement leurs enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants, exprimée en pourcentage. Dans l’ensemble des pays, une majorité de seniors jugent ce soutien important. Les taux les plus élevés sont observés au Portugal avec 92 %, en Espagne avec 89 % et en Italie avec 88 %. En Allemagne, 66 % considèrent ce soutien important. En Suède, 69 % jugent ce soutien important et 31 % pas important. Pour l’ensemble des dix pays, 80 % considèrent ce soutien important et 20 % pas important. Source : Toluna.

Fig 53 – Contribution financière des seniors aux descendants

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Carte montrant la part de seniors contribuant financièrement aux dépenses de leurs enfants ou petits-enfants hors foyer Cette carte présente, par pays, la part de seniors ayant des enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants hors de leur foyer et déclarant participer à au moins un poste de dépense, exprimée en pourcentage. La valeur moyenne affichée est de 68 %. Les taux les plus élevés sont observés en Roumanie (83 %), en Pologne (82 %) et au Portugal (81 %). La France affiche un taux de 75 %, l’Italie 72 % et la Suède 74 %. Les niveaux les plus faibles apparaissent en Espagne (53 %) et en Belgique (58 %). Source : Toluna.

AIDER AUSSI SES PROPRES PARENTS

À l’opposé de l’échelle générationnelle, le soutien des ascendants semble tout aussi naturel pour les séniors. En 10 ans, la proportion des séniors qui inclinent en ce sens n’a pratiquement pas évolué, 6 sur 10 aidant financièrement leurs parents. Ce soutien est jugé très important en France, en Italie et en Espagne alors qu’il l’est beaucoup moins en Allemagne et au Royaume-Uni.

Fig 54 – Soutien financier aux parents âgés

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Répartition de l’importance accordée par les seniors au soutien financier de leurs parents ou grands-parents Ce graphique présente, pour les seniors ayant encore des parents, beaux-parents ou grands-parents, l’importance accordée au soutien financier, exprimée en pourcentage. Pour les 50 ans et plus, 26 % jugent ce soutien très important, 45 % plutôt important, 19 % peu important et 10 % pas du tout important, soit 71 % considérant ce soutien important. Chez les 60 ans et plus, 19 % jugent ce soutien très important et 42 % plutôt important, soit 61 % au total. Un rappel de 2016 (50-75 ans) indique 68 % jugeant ce soutien important. Source : Toluna.

UNE TRANSMISSION QUI FINANCIÈREMENT COÛTE TROP CHER

Nous avons vu qu’avec l’âge les donations se faisaient naturellement plus fréquentes, autre façon de donner un coup de pouce à ses enfants ou petits-enfants. Tout comme les héritages liés à la disparition de ses propres parents. Pour autant, les unes comme les autres semblent laisser un goût amer aux séniors. 7 sur 10 relèvent en effet que les taxes et les impôts prélevés à cette occasion sont trop élevés.

Comme l’histoire récente l’a montré lors de plusieurs crises mettant en jeu une hausse des prélèvements étatiques, les Français s’affirment comme les leaders anti-taxes. En parangon historique du modèle social-démocrate de répartition, les Suédois (et dans une moindre mesure les Allemands) ne jugent pas les impôts sur les successions trop élevés, non pas par le sens exacerbé d’une tolérance très nordique, mais plus prosaïquement parce qu’ils ont été sup- primés en 2005 dans leur pays.

Fig 55 – Perception des taxes sur les transmissions

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Carte indiquant la part de seniors estimant les taxes sur héritage ou donation trop élevées Cette carte montre, par pays, la part de seniors estimant que les impôts et taxes liés à la transmission du patrimoine sont trop élevés, exprimée en pourcentage. La valeur globale mise en avant est de 69 % des 60 ans et plus. Les taux les plus élevés sont observés en Belgique (90 %), en France (82 %) et en Italie (79 %). L’Espagne et le Portugal affichent 75 % et 78 %. La Suède présente le taux le plus faible avec 31 %, tandis que la Pologne affiche 47 %. Source : Toluna.

Fig 56 – Fiscalité des successions et donations en Europe

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Tableau comparant l’existence et les taux d’imposition des successions et donations selon les pays Ce tableau compare l’existence d’un impôt sur les successions et donations et les taux d’imposition applicables dans plusieurs pays européens. Un impôt existe en Allemagne, avec des taux allant de 7 % à 50 %, en Belgique de 3 % à 80 %, en Espagne de 7,65 % à 87,6 %, en France de 5% à 60 %, en Italie de 4 % à 8 %, en Pologne de 0 % à 20 %, au Portugal à 10 %, et au Royaume-Uni de 20 % à 40 %. La Roumanie n’applique pas d’impôt sur les successions et donations, sauf pour certains biens immobiliers dans des cas spécifiques. La Suède ne prélève pas d’impôt sur les successions ou donations, mais un impôt sur les plus-values peut s’appliquer. Sources : EY, PwC, Bloomberg Tax.

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