Voiture électrique en Europe : pourquoi 2025 marque-t-elle un nouveau seuil ?

En 2025, 1,9 million de véhicules électriques ont été immatriculés à l’échelle européenne. Ils représentent 17,4 % des ventes totales, en hausse de 30 % par rapport à 2024.

Un seuil symbolique est franchi : près d’une immatriculation sur six est désormais 100 % électrique. Mais ce chiffre en cache un autre, moins commenté : l’hybride reste la motorisation dominante du marché européen, avec 44 % des immatriculations.

Où se situent réellement les moteurs de cette croissance ? Pourquoi les écarts entre pays européens sont-ils aussi marqués ? Et que révèle la domination persistante de l’hybride sur le rythme réel de la transition ?

Les chiffres clés du marché électrique européen

À retenir pour l’année 2025 :

– 1,9 million de véhicules électriques immatriculés en Europe
– 17,4 % des ventes totales
– une progression de 30 % par rapport à 2024
– 545 000 immatriculations en Allemagne, premier marché en volume ;
– +160 % en Pologne, plus forte progression relative du continent.

Répartition du mix énergétique européen :

– hybride (rechargeable ou non) : 44 % des immatriculations
– électrique : 17,4 %
– essence : 26 %
– diesel : moins de 9 %

Volume ou dynamique : deux façons de lire le classement

Le marché européen se lit de deux manières, qui ne désignent pas les mêmes gagnants.

En volume : l’Allemagne domine

Avec 545 000 immatriculations électriques et une progression de 43 %, l’Allemagne concentre à elle seule près de 29 % du total européen. Un poids qui s’explique par la taille de son marché automobile et par la présence de constructeurs nationaux fortement engagés dans l’électrification.

En dynamique : la Pologne surprend

La Pologne affiche la plus forte croissance du continent : +160 %. Un chiffre spectaculaire, mais qui doit être lu avec précaution : la part de marché de l’électrique n’y atteint que 9 %.

Cet écart illustre un effet de base classique. Partir d’un niveau très faible permet des taux de croissance élevés sans que le marché soit pour autant mature.

Les autres marchés majeurs :

– Espagne : +77 %, pour 9 % des ventes
– Italie : +44 %, pour 6 % des volumes
– Belgique et France : +12,5 %

La France et la Belgique affichent les progressions les plus modérées du panel. Un ralentissement relatif qui s’explique en partie par un niveau d’électrification déjà plus avancé que celui des marchés en rattrapage.

Pourquoi de tels écarts entre pays européens ?

Le rythme d’électrification demeure très différent d’un pays à l’autre. Plusieurs facteurs se combinent :

– les dispositifs d’aide à l’achat, leur montant et leur stabilité dans le temps
– la fiscalité, notamment celle appliquée aux véhicules de société
– la structure du marché automobile national, et en particulier le poids des flottes d’entreprise
– la disponibilité des modèles et leur adéquation aux gammes de prix locales
– l’infrastructure de recharge et sa densité territoriale.

Il n’existe donc pas un marché européen de l’électrique, mais une juxtaposition de marchés nationaux dont les trajectoires dépendent largement de choix publics.

Ce que la domination de l’hybride révèle

C’est l’enseignement le moins commenté de ce bilan : avec 44 % des immatriculations, l’hybride reste la motorisation la plus vendue en Europe plus du double de l’électrique.

Cette prééminence traduit un comportement d’achat prudent. L’hybride permet de réduire sa consommation sans renoncer à l’autonomie ni dépendre d’une infrastructure de recharge. Il fonctionne comme une étape intermédiaire, économiquement et psychologiquement plus accessible.

Le recul du diesel, désormais sous les 9 %, confirme par ailleurs une recomposition profonde du mix : ce n’est pas l’électrique qui remplace directement le thermique, mais l’hybride qui absorbe l’essentiel du report.

Le marché automobile européen se trouve ainsi dans une phase de transition à deux vitesses : une progression réelle de l’électrique, portée par une minorité croissante d’acheteurs, et une majorité qui opte pour une solution de compromis.

Ce que ce bilan dit du marché à venir

Le seuil des 17,4 % marque une étape, pas un basculement.

Trois points méritent d’être suivis dans la durée :

1. La conversion des taux de croissance en parts de marché. Une progression de 160 % sur une base faible ne préjuge pas de la maturité d’un marché.
2. L’évolution du couple hybride/électrique. Le moment où l’électrique commencera à prendre des parts à l’hybride, et non plus seulement au thermique, constituera un vrai signal de bascule.
3. La stabilité des dispositifs publics. Les marchés les plus dynamiques sont aussi les plus sensibles aux changements de politique d’aide.

C’est l’un des enjeux au cœur de la dernière étude de l’Observatoire Cetelem, qui identifie cinq leviers susceptibles de créer un rebond du secteur automobile.

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FAQ Marché de la voiture électrique en Europe

Pourquoi l’hybride domine-t-il encore le marché européen ?
Avec 44 % des immatriculations, l’hybride permet de réduire sa consommation sans renoncer à l’autonomie ni dépendre d’une infrastructure de recharge. Il constitue une étape intermédiaire plus accessible pour de nombreux acheteurs.

Pourquoi les écarts d’électrification sont-ils aussi importants entre pays européens ?
Le rythme dépend des dispositifs d’aide, de la fiscalité, de la structure du marché automobile national, de la disponibilité des modèles et de la densité du réseau de recharge.

Une forte croissance signifie-t-elle un marché mature ?
Non. La Pologne enregistre la plus forte progression du continent avec +160 %, alors que la part de marché de l’électrique n’y atteint que 9 %. Une croissance élevée sur une base faible ne traduit pas la maturité d’un marché.

Quelle est la place du diesel dans le marché européen ?
Le diesel représente désormais moins de 9 % des immatriculations, confirmant son recul rapide au profit de l’hybride et de l’électrique.

Le seuil de 17,4 % marque-t-il un basculement du marché ?
Il marque une étape. La bascule sera confirmée lorsque l’électrique prendra des parts à l’hybride, et non plus seulement aux motorisations thermiques traditionnelles.

À retenir

En 2025, 1,9 million de voitures électriques ont été immatriculées en Europe, soit 17,4 % des ventes et une progression de 30 % sur un an. L’Allemagne domine en volume avec 545 000 immatriculations, tandis que la Pologne signe la plus forte croissance à +160 % — sur une base faible, sa part de marché restant à 9 %.

L’hybride demeure toutefois la motorisation dominante avec 44 % des immatriculations, quand le diesel passe sous les 9 %. Le marché européen reste donc dans une transition à deux vitesses, où l’électrique progresse réellement sans encore s’imposer.

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