Le coût de l’énergie
L’IMPACT DE LA CRISE ÉNERGÉTIQUE
Le contexte géopolitique et la crise énergétique qui lui est associée invitaient à interroger les automobilistes sur une autre forme d’impact financier, lié cette fois au prix des carburants. 1 sur 5 ne changerait ni de véhicule, ni ses habitudes, quelle que soit la hausse des prix. Un peu plus de la moitié place le plafond de cette hausse à 20 % au-delà duquel tout peut changer. Dans la plupart des pays de l’étude, les résultats sont sensiblement similaires, hormis au Japon où changer de véhicule ou d’habitude est le moins envisagé. Quel que soit le niveau de revenus, le choix serait à peu près le même. Les ménages aisés ont les moyens d’affronter la crise, les plus contraints n’ont souvent pas le luxe de se passer de leur véhicule. Dans les zones rurales, le changement est moins envisagé que dans les zones urbaines, dépendance à l’automobile oblige. Commençant leurs carrières, les plus jeunes se déclarent les plus contraints par l’évolution du prix des carburants.
Fig. 37 – Hausse du budget carburant mensuel à partir de laquelle on envisage de changer de véhicule ou de mode de déplacement (% des foyers équipés)
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Diagramme en barres verticales présentant le seuil d’augmentation du budget carburant mensuel moyen à partir duquel les répondants envisageraient sérieusement de changer de véhicule ou de mode de déplacement principal. Total pays, en pourcentage, à ceux qui ont au moins une voiture dans leur foyer. Source : Observatoire Cetelem de l’automobile 2027.
• Environ 5 % : 5
• Environ 10 % : 18
• Environ 20 % : 28
• Environ 30 % : 16
• Environ 40 % : 6
• Environ 50 % : 7
• Quelle que soit l’évolution des prix des carburants et de votre budget, vous ne changeriez pas vos habitudes : 20
À retenir : le seuil le plus cité est une hausse d’environ 20 % (28 %). Un répondant sur cinq ne changerait pas ses habitudes quel que soit le prix.
LA CRISE RÉDUIT LES DÉPLACEMENTS
Hormis aux USA, la hausse du prix des carburants consécutive à la crise iranienne a un impact plus ou moins important sur la consommation.
Fig. 38 – Consommation d’essence rapportée à la population, janvier à mai 2026 (kb/j par million d’habitants)
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Diagramme en barres groupées présentant, pour 13 pays, la consommation d’essence rapportée à la population, de janvier à mai 2026. Unité : kb/j (milliers de barils par jour) par million d’habitants. Certaines valeurs sont absentes (barres vides). Source : JODI-Oil World Database (jusqu’à mai 2026) ; population : Banque mondiale, WDI 2022.
Valeurs de janvier, février, mars, avril puis mai 2026 :
• Allemagne : 6, 6, 5, 5, pas de donnée
• Belgique : 6, 6, 6, 6, 6
• Chine : 3, 3, 3, 2, 2
• Espagne : 3, 3, 4, 4, 4
• États-Unis : 25, 26, 27, 27, 28
• France : 4, 4, 4, 4, 4
• Italie : 3, 4, 4, 4, pas de donnée
• Japon : 6, 6, 6, 6, 6
• Pays-Bas : 5, 6, 6, 5, 6
• Pologne : 4, 3, 4, 4, 4
• Portugal : 3, 3, 3, 3, 3
• Royaume-Uni : 5, 5, 4, 5, 5
• Turquie : 1, 2, 2, 2, 2
À retenir : les États-Unis consomment de 4 à 5 fois plus d’essence par habitant que les pays d’Europe, du Japon ou de la Belgique, et leur consommation progresse sur la période (25 → 28). Les autres pays sont stables ou quasi stables. La Turquie (1 à 2) et la Chine (2 à 3) sont les plus faibles.
CARBURANTS : LE CONFLIT EN IRAN, CATALYSEUR DE LA BASCULE ?
Le conflit autour du détroit d’Ormuz a provoqué, au printemps 2026, une flambée des prix à la pompe : en moyenne UE, le gazole est passé d’environ 1,59 €/L en février à plus de 2,05 €/L en avril 2026, l’essence dépassant les 1,85 €/L. Après un apaisement en juin, les prix sont repartis à la hausse en juillet du fait d’une reprise des combats.
Fig. 39 – Prix moyen du carburant en UE à la pompe, janvier 2025 à juillet 2026 (€/L TTC)
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Graphique linéaire présentant l’évolution mensuelle du prix moyen à la pompe, en euros par litre TTC (moyenne UE), de janvier 2025 à juillet 2026, pour l’essence (Euro 95) et le gazole. Une ligne verticale en pointillés marque le « début du conflit », au niveau de février 2026. Seules certaines valeurs sont étiquetées. Source : Commission européenne, Weekly Oil Bulletin.
Valeurs étiquetées :
• Gazole : 2,05 € (avril 2026), puis 1,80 € (juillet 2026)
• Essence : 1,85 € (avril 2026), puis 1,83 € (juillet 2026)
Valeurs estimées à la lecture (non étiquetées) : de janvier 2025 à janvier 2026, l’essence oscille autour de 1,60 à 1,70 € et le gazole autour de 1,48 à 1,62 €, avec un gazole toujours moins cher que l’essence. Après février 2026, les deux prix montent, le gazole plus vite que l’essence et le dépassant de mars à mai. Le gazole retombe ensuite au-dessous de l’essence à partir de juin.
À retenir : le conflit s’accompagne d’une hausse marquée, surtout sur le gazole (+ 0,4 à 0,5 € entre février et avril 2026). En juillet 2026, les prix restent supérieurs à leur niveau d’avant le conflit (essence 1,83 €, gazole 1,80 €).
PAYER MOINS, ROULER MOINS
Dans ce contexte de crise énergétique, la stratégie des automobilistes pour ne pas subir la hausse des prix des carburants se traduit par deux options préférentielles. Dans un premier temps, 3 sur 10 vont se consacrer à la traque du prix le moins cher, quitte à changer de carburant ou de station-service. Le choix des Polonais, des Allemands et des Américains, tout comme des plus jeunes et des habitants des grandes villes, où les prix des carburants sont en général plus élevés.
Fig. 40 – Ajustement mis en place ces 6 derniers mois en raison du prix des carburants : changer de station-service ou de carburant (% par pays)
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Diagramme en barres verticales présentant, par pays, la part de répondants ayant changé de station-service ou de carburant en fonction des prix au cours des 6 derniers mois. À ceux qui ont au moins une voiture dans leur foyer, en pourcentage. Source : Observatoire Cetelem de l’automobile 2027.
• Allemagne : 34
• Belgique : 24
• Chine : 21
• Espagne : 25
• États-Unis : 33
• France : 29
• Italie : 31
• Japon : 16
• Pays-Bas : 31
• Pologne : 35
• Portugal : 25
• Royaume-Uni : 15
• Turquie : 30
• Europe : 28
• Total : 27
À retenir : la Pologne (35 %), l’Allemagne (34 %) et les États-Unis (33 %) sont en tête. Le Royaume-Uni (15 %) et le Japon (16 %) sont les plus bas.
L’autre option de cette stratégie résidera pour 4 automobilistes sur 10 à limiter les kilomètres parcourus afin de se concentrer sur les trajets essentiels. Italiens, Français et Turcs s’affichent comme les leaders de cette frugalité routière à l’inverse des irréductibles Japonais.
Fig. 41 – Ajustement mis en place ces 6 derniers mois en raison du prix des carburants : réduire ses trajets non essentiels (% par pays)
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Diagramme en barres verticales présentant, par pays, la part de répondants ayant réduit leurs trajets non essentiels au cours des 6 derniers mois en raison du prix des carburants. À ceux qui ont au moins une voiture dans leur foyer, en pourcentage. Source : Observatoire Cetelem de l’automobile 2027.
• Allemagne : 43
• Belgique : 42
• Chine : 31
• Espagne : 40
• États-Unis : 48
• France : 52
• Italie : 53
• Japon : 23
• Pays-Bas : 33
• Pologne : 33
• Portugal : 37
• Royaume-Uni : 48
• Turquie : 52
• Europe : 43
• Total : 41
À retenir : l’Italie (53 %), la France et la Turquie (52 %) sont en tête. Le Japon (23 %) est nettement plus bas. Ce type d’ajustement (41 %) est plus fréquent que le changement de station ou de carburant (27 %, Fig. 40).
LES CHIFFRES CLÉS
- 1 automobiliste sur 3 compte acheter un véhicule dans les 12 prochains mois
- 6 automobilistes sur 10 connaissent la marque de leur prochain véhicule
- 4 automobilistes sur 10 changent de marque par envie de changement
- 4 automobilistes sur 10 ont acheté plusieurs véhicules de la même marque
- 6 automobilistes sur 10 ne changeront pas de marque de voiture pour leur prochain achat
- Le prix s’impose comme premier critère de choix pour 4 personnes sur 10 dans le cas d’un véhicule neuf et plus de 5 sur 10 pour un modèle d’occasion
- 6 personnes sur 10 ont renoncé à acheter une voiture du fait de son prix élevé
- 6 automobilistes sur 10 préfèrent choisir à modèle égal une marque étrangère moins chère qu’une marque nationale
- 1 sur 5 ne changerait ni de véhicule, ni ses habitudes, quelle que soit la hausse des prix du carburant