Production, critère non déterminant
UNE PUISSANCE SYMBOLIQUE RELATIVE, GÉOGRAPHIQUEMENT CONTRASTÉE
Le moteur à explosion est étroitement associé à la révolution industrielle. Son implantation au sein d’un véhicule roulant en est l’un des symboles les plus éclatants. En 1878, Amédée Bollée commercialisait la Mancelle, premier véhicule fabriqué en série qui se déplace grâce à un moteur à vapeur. En 1886, la Benz Patent Motorwagen, créée par Carl Benz, est le premier véhicule équipé d’un moteur monocylindre à essence.
En près de 150 ans, de la Ford T à la Ferrari Testarossa, en passant par la Golf GTI, l’automobile a marqué l’évolution des sociétés. Parce que sa valeur symbolique ne fait aucun doute, l’Observatoire Cetelem a voulu savoir si l’automobile est synonyme de puissance économique. Il ressort de cette étude que l’automobile, avec le quart des opinions, arrive seulement en quatrième position du classement qui distingue les secteurs exprimant le mieux la puissance économique.
L’Allemagne et le Japon expriment le plus nettement ce sentiment, seuls pays à placer le secteur automobile en tête, avec la moitié des personnes interrogées pour l’affirmer. En France, seulement 18 % des interviewés le considèrent comme le secteur le plus puissant pour lui préférer le secteur énergétique (40 %). Avec 37 % des intentions exprimées, celui-ci fait globalement nettement la course en tête sur l’ensemble des pays. C’est en Italie et en Belgique que les opinions à ce sujet sont les plus fortes (49 % et 46 %). La crise énergétique des derniers mois n’est sans doute pas étrangère à ce résultat. De façon générale, chaque pays met en avant son secteur le plus « visible » au plan international : le tourisme pour l’Espagne, la technologie pour le Japon et la Chine, ou encore l’agriculture pour la Pologne.
Fig. 11 – Secteur économique qui caractérise le mieux la puissance économique d’un pays (% de répondants, plusieurs réponses possibles)
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Diagramme en barres horizontales présentant, en pourcentage de l’ensemble des répondants, les secteurs cités comme caractérisant le mieux la puissance économique d’un pays. Plusieurs réponses étaient possibles. Le secteur automobile est mis en évidence par une couleur distincte.
Source : Observatoire Cetelem de l’automobile 2027.
Du plus cité au moins cité :
• Secteur énergétique : 37
• Secteur technologique (digital, innovation, IA, etc.) : 30
• Secteur touristique : 25
• Secteur automobile : 23
• Secteur agricole : 23
• Secteur aéronautique : 20
• Secteur de l’armement : 18
• Industrie pharmaceutique : 14
• Secteur du luxe et de la mode : 6
À retenir : l’énergie (37 %) et la technologie (30 %) devancent nettement les autres secteurs.
L’automobile, à égalité avec l’agriculture (23 %), se situe dans le milieu du classement.
UNE ORIGINE DE PRODUCTION QUI NE SUSCITE GUÈRE L’INTÉRÊT
En affinant le sujet, on constate que cette minorisation de la puissance du secteur automobile se double d’une moindre considération pour l’origine de production d’un véhicule. Ce critère est celui dont les automobilistes tiendront le moins compte dans leur choix (23 %). Les Japonais affichent à nouveau un nationalisme sur lequel nous aurons souvent l’occasion de revenir pour être seulement 9 % à être sensibles à l’origine de production. Si l’ensemble des autres pays proposent sensiblement des points de vue concordants, le Portugal et les Pays-Bas se montrent les plus réfractaires à s’intéresser au pays de production.
Fig. 12 – Critères pris le moins en compte dans le choix d’une voiture, enquêtes 2027 et 2024 (%, 3 réponses maximum)
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Diagramme en barres horizontales comparant, pour 19 critères, la part de répondants qui les prennent le moins en compte dans le choix d’une voiture, dans les enquêtes 2027 et 2024. Total pays, en pourcentage, plusieurs réponses possibles (3 maximum). Source : Observatoire Cetelem de l’automobile 2027.
Valeurs (2027 puis 2024), du critère le plus cité au moins cité en 2027 :
• Le pays de production : 23 puis 31
• L’image renvoyée par le véhicule : 20 puis 25
• La valeur de revente du véhicule : 17 (pas de valeur 2024 affichée)
• Le prix : 16 puis 6
• L’abondance des équipements : 15 puis 17
• La disponibilité et les délais de livraison : 15 puis 20
• La marque : 15 (pas de valeur 2024 affichée)
• L’impact environnemental : 14 en 2027 comme en 2024
• L’innovation technologique et la nouveauté du modèle : 12 puis 15
• Le style, le design : 12 puis 16
• La taille du véhicule : 11 puis 12
• Le kilométrage au compteur : 10 en 2027 comme en 2024
• Le coût d’utilisation : 10 puis 8
• La sécurité : 9 puis 11
• La performance, la puissance : 9 puis 3
• La polyvalence (urbain et longue distance) : 9 puis 12
• La fiabilité, la robustesse : 8 (pas de valeur 2024 affichée)
• Le plaisir de conduite, la qualité routière : 7 en 2027 comme en 2024
• L’autonomie : 1 (pas de valeur 2024 affichée)
À retenir : le pays de production reste le critère le moins pris en compte, en 2027 comme en 2024. Pour la plupart des critères comparables, la part baisse entre 2024 et 2027. Elle augmente pour le prix (6 → 16), la performance (3 → 9) et le coût d’utilisation (8 → 10).
L’ÉQUIVALENCE DE L’ORIGINE ET DES CARACTÉRISTIQUES ÉCONOMIQUES
En fait, de façon générale, que ce soit au plan économique ou financier, les automobilistes ne mettent pas en avant de caractéristique particulière pour « qualifier » une voiture.
La nature des capitaux, l’origine de la marque et le lieu de production sont également considérés. Le trio Chine-USA-Japon, que nous retrouverons plusieurs fois dans l’étude, est celui qui en fait davantage cas, à l’inverse d’un autre trio, Belgique-Pays-Bas-Portugal, qui accorde le moins d’attention à ces éléments.
Fig. 13 – Importance pour une voiture d’être produite dans son pays, d’une marque nationale ou à capitaux nationaux
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Diagramme en barres horizontales présentant la part de répondants pour qui il est important qu’une voiture soit produite dans leur pays, d’une marque nationale ou proposée par une entreprise à capitaux nationaux. Total pays, à tous, en pourcentage. « Important » regroupe « très important » et « plutôt important ». Source : Observatoire Cetelem de l’automobile 2027.
• Produite et assemblée dans votre pays : 60
• D’une marque nationale, de votre pays : 59
• Proposée par une entreprise avec des capitaux nationaux : 59
À retenir : les trois critères sont quasi équivalents et concernent environ 6 répondants sur 10.
SIÈGE SOCIAL ET ORIGINE, GLOBALEMENT ÇA MATCHE
Pour la plupart des marques, le pays de création coïncide avec le siège du groupe. Cela se traduit aussi par des ventes locales proportionnellement importantes, particulièrement pour Ford et BYD. Avec un siège social aux Pays-Bas, les marques du groupe Stellantis se distinguent, les ventes dans le pays siège étant logiquement faibles.
Fig. 14 – Part du pays dans les ventes mondiales de la marque, 2019-2025 (%)
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Diagramme en barres groupées présentant, pour 14 marques, la part du pays dans les ventes mondiales de la marque sur 2019-2025. Deux séries : la part du pays de création de la marque, et la part du pays du siège du groupe lorsqu’il diffère (représentée uniquement pour cinq marques). L’unité, non indiquée, est vraisemblablement le pourcentage. Source : Marklines.
Valeurs (pays de création ; pays du siège du groupe s’il y a lieu) :
• BMW (Allemagne) : 15
• Mercedes-Benz (Allemagne) : 17
• Volkswagen (Allemagne) : 14
• BYD Auto (Chine) : 98
• Ford (États-Unis) : 71
• Citroën (France ; siège Pays-Bas) : 37 ; 2
• Peugeot (France ; siège Pays-Bas) : 38 ; 3
• Renault (France) : 38
• Fiat (Italie ; siège Pays-Bas) : 41 ; 1
• Honda (Japon) : 14
• Nissan (Japon) : 13
• Toyota (Japon) : 15
• Kia (Corée) : 12
• Skoda (Tchéquie ; siège Pays-Bas) : 9 ; 33
À retenir : BYD (98 %) et Ford (71 %) réalisent l’essentiel ou une large part de leurs ventes dans leur pays d’origine. Les marques allemandes et japonaises y font entre 13 et 17 %. Les marques françaises et Fiat se situent entre 37 et 41 %.
Les chiffres clés
- 71 millions de véhicules vendus dans le monde en 2026
- 2,42 % de la population active en France est employée par le secteur automobile
- 1 personne sur 4 estime que l’automobile représente le mieux la puissance économique d’un pays
- 1 personne sur 4 ne tiendra pas compte du pays de production pour choisir un véhicule, critère qui obtient le moins bon résultat