Aller au contenu principal
Observer, éclairer et décrypter l'évolution des modes
de consommation en France et à l'international
Partie 3 - Acheter peut attendre

La voiture électrique joue les premiers rôles… mais pose question

4 min reading time

L’ÉLECTRIQUE EN TÊTE

L’Observatoire Cetelem a depuis longtemps été attentif à la voiture électrique, parmi les premiers à pointer son avènement. Cette édition est cependant à marquer d’une pierre blanche puisque pour la première fois ce type de motorisation arrive en tête des intentions d’achat. La percée de l’électrique est donc notable, mais le thermique fait de la résistance. 1 personne sur 3 choisira d’acheter une voiture électrique (Fig. 22). Si l’on ajoute à ce chiffre celui des acheteurs déclaratifs de voitures hybrides (rechargeables ou non), on peut parler sans risque de se tromper d’une vraie bascule du marché.

Les Chinois et, à un degré moindre, les Norvégiens confortent leur leadership électrique avec respectivement 65 % et 43 % d’intentions d’achat. À l’inverse, c’est à nouveau en France, en Belgique, en Autriche et aussi en Pologne que ces intentions sont moins affirmées, aux alentours de 20 %.

Fig 22 – Motorisations envisagées à l’achat

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Barres comparant les types de motorisation souhaités dans 16 pays et en Europe. Graphique horizontal comparant : Moyenne 16 pays Moyenne Europe Motorisations et résultats (16 pays / Europe) Voiture électrique : 27 / 32 Essence : 26 / 30 Hybride rechargeable : 25 / 25 Hybride non rechargeable : 14 / 16 Diesel : 15 / 14 Hydrogène : 9 / 9 Ne sait pas : 15 / 12 Enseignement En Europe, l’électrique reste légèrement en tête, suivie par l’essence et les hybrides rechargeables.

Fig 23 – Part des ventes de véhicules électriques

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Part des ventes de véhicules électriques Contexte Le graphique retrace l’évolution de la part de véhicules électriques dans les ventes de voitures particulières entre 2010 et 2022, pour plusieurs pays. Il s’agit d’une courbe chronologique. Éléments visuels clés Axe horizontal : années 2010 → 2022. Axe vertical : pourcentage de parts de marchés Plusieurs courbes nationales colorées : Norvège, Pays-Bas, Allemagne, France, Chine, États-Unis, etc. Tendances principales observables Norvège : progression très forte et continue jusqu’à atteindre des niveaux supérieurs à 75 % en 2022. Pays-Bas : croissance marquée avec un pic avant 2020 puis stabilisation. Chine : montée progressive, surtout à partir de 2016. Europe de l’Ouest (France, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni) : progression régulière mais plus lente. États-Unis : augmentation faible à modérée. Pays émergents (Turquie, Mexique) : parts inférieures et progression limitée. Enseignement La croissance de l’électrique est très hétérogène selon les pays, avec des leaders nets (Norvège, Pays-Bas) et une progression mondiale accélérée à partir de 2016.

UN PRIX QUI CONTINUE (TOUJOURS) À POSER PROBLÈME

L’électrique ne constitue cependant pas un eldorado vers lequel tendent béatement les automobilistes. Car, s’il est une chose qui ne change pas, c’est le lot d’éléments négatifs qui freinent son potentiel achat.

Comme toujours, le blocage est d’abord économique. Pour près de la moitié des personnes interrogées, le prix d’un véhicule électrique est trop élevé, avec surtout les Néerlandais et les Français pour le souligner. Un point de vue qui effleure seulement 13 % des Chinois, convertis de longue date.

Réticences encore à propos de potentielles difficultés de recharge et d’autonomie limitée.
Deux sujets qui préoccupent environ 3 personnes sur 10. Et de façon étonnante, c’est en Chine où ces questions interrogent le plus, à l’inverse du Mexique où elles ne préoccupent que modérément. Notons que l’autonomie des véhicules est également une préoccupation importante en France.

En revanche, un résultat sera source de grande satisfaction pour les constructeurs. À peine 10 % des automobilistes craignent de ne pas pouvoir revendre leur véhicule. L’occasion pour la voiture électrique de s’ancrer définitivement dans le panorama automobile (Fig. 24).

Fig 24 – Motifs de refus d’achat électrique

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Barres listant les principales raisons déclarées de ne pas acheter un véhicule électrique. Contexte Graphique horizontal présentant les motifs les plus souvent cités par les personnes qui ne souhaitent pas acheter un véhicule électrique. Plusieurs réponses possibles. Motifs généralement affichés Prix trop élevé. Difficulté d’accès à la recharge. Autonomie jugée insuffisante. Coût de l’électricité perçu comme trop élevé. Doutes sur l’impact écologique de la fabrication. Fiabilité perçue comme incertaine. Revente difficile. Autres motifs minoritaires. Structure visuelle Chaque motif apparaît sous forme de barre horizontale. Deux niveaux affichés : moyenne Europe et moyenne 16 pays. Enseignement Le prix et les contraintes de recharge constituent les principaux freins, suivis de l’autonomie et du coût énergétique.

Fig 25 – Écart de prix électrique-thermique

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Comparaison des prix électriques et thermiques de trois modèles populaires et des écarts correspondants. Contexte Graphique vertical comparant les prix d’achat de trois voitures en version électrique et thermique. Modèles présentés Peugeot 208 Renault Mégane Volkswagen Golf Éléments visuels Colonnes côte à côte : version électrique (prix plus élevé) vs version thermique. Pourcentage d’écart affiché sur chaque paire de barres. Tendances visibles L’électrique est toujours plus cher, avec des écarts allant d’environ +20 % à +45 % selon les modèles. Enseignement La différence de prix constitue un frein majeur à l’adoption, l’écart dépassant souvent le tiers du prix.

BATTERIES, LE CHOIX QUI INTERROGE

  • Les automobilistes ne sont pas les seuls à être dans le brouillard. Les constructeurs aussi à propos du choix des batteries pour équiper leurs modèles.
  • D’un côté des batteries LPF (lithium-fer-phosphate), de l’autre, des batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt). Les premières sont bon marché et permettent de faire baisser le coût des véhicules, mais difficilement recyclables. Les secondes plus chères, mais mieux intégrées à l’économie circulaire. Ils vont aussi devoir compter sur les accumulateurs au sodium et les batteries solides, d’ici quelques années.
  • Que choisir ? Telle est la question…

UNE UTILISATION POTENTIELLEMENT COÛTEUSE

Cette problématique du coût ne se limite pas au seul achat, mais s’étend aussi à l’usage du véhicule électrique. Confronté à l’augmentation récente, et potentiellement future, du prix de l’électricité, les automobilistes s’interrogent. Les trois quarts d’entre eux voient dans cette perspective un usage plus coûteux que celui d’un véhicule doté d’une motorisation traditionnelle. Dans les pays européens, notamment en Espagne, cette crainte est fortement avérée (Fig. 26).

Fig 26 – Coût d’usage électrique perçu

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Barres indiquant si la hausse du prix de l’électricité rendrait l’usage d’un véhicule électrique trop coûteux. Contexte Graphique en barres verticales empilées : Oui / Non / Ne sait pas. Question posée « Pensez-vous que l’augmentation du prix de l’électricité pourrait rendre l’utilisation d’une voiture électrique trop coûteuse par rapport à l’essence ou au diesel ? » Éléments visuels Moyenne Europe Moyenne 16 pays Résultats détaillés par pays Tendance générale Une majorité nette répond « oui » dans presque tous les pays, avec un niveau particulièrement élevé en Europe continentale. Enseignement La hausse de l’électricité est perçue comme une menace majeure pour l’attractivité économique du véhicule électrique.

UN AVENIR EN MANQUE D’ÉNERGIE

De l’électricité plus chère, mais encore faudrait- il qu’elle soit disponible. Car, plus encore que la prééminence programmée du véhicule électrique, les automobilistes remettent en cause son utilisation en raison d’une production énergétique qu’ils prévoient insuffisante. Sans doute sous l’influence évidente des récentes crises énergétiques, les trois quarts affichent ce point de vue. Les limites du simple scepticisme sont dépassées.

Mais, dans le détail, les opinions font à nouveau le yoyo. Pas l’ombre d’un doute n’effleure les Chinois et dans une proportion moindre les Turcs quant à la possibilité de disposer d’électricité pour rouler. En Europe, l’inquiétude est palpable, notamment en Autriche et en Belgique, avec cependant les Espagnols et leurs voisins Portugais pour occuper une position médiane. La crise énergétique liée à la guerre en Ukraine a visiblement laissé des traces (Fig. 27).

Fig 27 – Capacité future de production électrique

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Barres montrant si les citoyens pensent qu’on saura produire assez d’électricité pour les voitures électriques. Contexte Graphique en barres indiquant la confiance ou non dans la capacité future à produire assez d’électricité. Catégories Oui Non Éléments visuels Moyenne Europe Moyenne 16 pays Résultats par pays Tendance générale En Europe : majorité pessimiste (« non » > « oui »). En Chine, Turquie et Mexique : majorité optimiste. Enseignement L’opinion mondiale est divisée, mais l’Europe se distingue par un scepticisme marqué.

Fig 28 – Bornes publiques par véhicule électrique

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Barres comparant, par pays, le nombre de kW de recharge publique disponibles par véhicule électrique. Contexte Graphique vertical présentant le nombre de kilowatts disponibles en bornes publiques par véhicule électrique en circulation. Éléments visuels Pays représentés : 16 Valeurs en kW par véhicule électrique Exemples usuels : Norvège très élevée, Pays-Bas très bas. Enseignement Les pays nordiques, en particulier la Norvège, disposent d’une capacité de recharge publique par véhicule très supérieure au reste du monde.
Dans de nombreux pays, le déploiement des bornes de recharge s’accélère. En France le cap des 100 000 bornes sur les voies publiques a été franchi. Il n’en demeure pas moins que dans l’esprit de nombreux automobilistes, la possibilité de pouvoir recharger facilement un véhicule électrique demeure un sujet qui freine leur prise de décision.

Fig 29 – Nombre total de points de charge

Télécharger cette infographie pour vos présentations
Barres montrant le nombre total de points de recharge publics par pays. Contexte Graphique vertical comparant le nombre total de points de recharge installés dans 16 pays. Éléments visuels Barres verticales classées par pays Unité : nombre de bornes publiques Fort contraste entre pays (Chine et Pays-Bas très élevés, Pologne faible, etc.) Enseignement Le déploiement est très disparate, avec de très forts volumes dans quelques pays seulement.
Les automobilistes remettent en cause l’utilisation du VE en raison d’une production énergétique qu’ils prévoient insuffisante.
Sous-Partie précédente
La foi dans le futur et l’innovation
Sous-Partie suivante
Les automobilistes demandent de l’aide pour passer à l’électrique