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Après la seconde main et le vintage, voici le resell : les consommations alternatives ont de l’avenir…

Vu aux Etats-Unis

Le marché du « resell », technique consistant à acheter avant les autres un produit identifié comme potentiellement désirable pour le revendre plus cher, est très actif aux Etats-Unis. En particulier dans le domaine des sneakers animé par la Gen Z (les 18-25 ans). Parmi les acteurs de cette activité, la plateforme StockX, présente dans 200 pays, est aujourd’hui valorisée trois milliards de dollars. Créée en 2016 sur le principe de la Bourse, elle permet d’évaluer et de revendre un produit en toute transparence et en temps réel en fonction de l’offre et de la demande. Son succès vient de la confiance qu’elle a su générer par l’anonymat qu’elle garantit et le service d’authentification qu’elle propose pour éviter les copies. Son succès est tel qu’elle propose désormais à des marques de co-organiser le lancement de certains de leurs modèles et qu’elle s’ouvre à d’autres offres comme les produits électroniques dont la très convoitée PS5…

Qu’en penser ?

Deviner le futur des marchés, c’est comprendre les motivations de ceux qui sont à l’origine des succès actuels. Celui de StockX auprès de la Gen Z vient illustrer la manière dont ses représentants envisagent la consommation. Comme une façon (paradoxale) de gagner de l’argent en le dépensant et comme un moyen d’exprimer une appartenance communautaire en s’appropriant un marché qui leur est proche. Ici, la valeur d’une paire de sneakers peut provenir d’une rareté décidée par une marque mais aussi du choix d’une communauté selon ses propres critères et son sens de l’air du temps. Chaque produit possède ainsi, non plus un prix fixe, mais une valeur fluctuante liée au désir du moment d’une communauté. Une valeur pas totalement maîtrisée par les marques et à l’origine d’un second marché. Jouer avec la consommation, décider de la valeur d’un produit, affirmer son appartenance communautaire comme autant de signes du désir d’une génération de prendre ses distances par rapport aux règles du marché et d’inventer les siennes.


En bref

Pour prouver son engagement en faveur d’un monde plus responsable, le constructeur automobile Mini a décidé de supprimer le garnissage en cuir des sièges de ses modèles. Un choix que 54% de ses clients ont pourtant fait l’année dernière.


En bref

Le véhicule autonome actuellement développé par Sony, le Sony Vision-S, est doté d’un tableau de bord numérique conçu pour accueillir sa PlayStation.


En bref

Arket, une des marques du groupe H&M, propose un service de location de vêtements pour enfants moyennant un abonnement mensuel.


L’Œil dans le rétro

En avril 2011, l’Œil repérait la première apparition de petits producteurs sur les rayons des supermarchés…

Figure sociale
Le fait

Une quinzaine d’éleveurs laitiers travaillant pour Danone ont désormais leurs photos affichées sur les pots de yaourts de la marque… Une décision qui devrait, à terme, être étendue à l’ensemble des produits laitiers de l’entreprise. Animée de la même volonté, l’entreprise Fleury-Michon fait, elle aussi, figurer, depuis peu, la photo de ses éleveurs sur une de ses gammes de jambons…

L’analyse

En apparence anecdotique, l’apparition de photos d’éleveurs sur des produits alimentaires de grande consommation n’en est pas moins révélatrice de la volonté actuelle des fabricants industriels de modifier leur perception. Ici, leur ambition est de ne plus être perçus comme des « écrans » entre les producteurs et les consommateurs, mais d’apparaître comme des acteurs sociaux. Afficher les photos des éleveurs, c’est faire preuve d’une forme de transparence en répondant aux attentes de traçabilité des consommateurs, c’est donner un visage plus humain à l’industrie agroalimentaire, mais c’est surtout signifier son action en faveur de l’économie locale. Une manière pour les marques d’installer dans l’esprit de ses consommateurs l’idée que, désormais, consommer, c’est militer ?