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Peu à peu, les enseignes de distribution sortent de leurs territoires d’origine pour s’installer dans nos modes de vie

Vu en Belgique

Cet été le groupe de distribution belge Colryut a acquis la totalité des actions de la chaîne de fitness JIMS qui comprend 27 salles en Belgique et au Luxembourg et propose des cours en ligne ainsi que du coaching numérique. Après avoir aidé ses clients à choisir une alimentation équilibrée, notamment au travers du Nutri-Score, de conseils nutritionnels personnalisés via l’application SmartWithFood et des ateliers de la Colryut Group Academy conçus pour améliorer les produits de sa marque, Colruyt Group souhaite ainsi offrir à ses consommateurs une solution supplémentaire pour les aider à modifier leur mode de vie.

Qu’en penser ?

En devenant propriétaire d’une chaîne de salles de fitness, Colryut illustre parfaitement la position actuelle des enseignes de distribution, toutes à la recherche d’un nouveau souffle relationnel. Le prix, le choix et l’engagement ne suffisent plus pour se différencier. C’est en modifiant la nature de leurs relations avec leurs clients que les enseignes parviendront à exprimer leur spécificité. Et, plus particulièrement, en s’intéressant à leurs modes de vie et à leurs habitudes alimentaires. D’une part parce que, depuis le début de la crise sanitaire, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à déclarer vouloir changer leurs manières de vivre. D’autre part, parce que les questions de santé et d’alimentation sont devenues centrales au fil du temps, contribuant à installer l’idée qu’un produit ne peut pas tout s’il n’est pas accompagné du bon comportement. S’il est difficile pour une enseigne de dire à ses clients ce qu’ils doivent faire, son rôle doit, en revanche, consister à leur soumettre une vision et à les aider à modifier leurs habitudes. C’est ce que fera, demain, Colryut en favorisant l’accès de ses clients à ses salles de sport.


En bref

Dans son flagship de New York, la marque de bagage de luxe Rimowa a installé une cabine permettant de réaliser les photos de son passeport. Viralité oblige, ce tirage se double d’une version digitale.


En bref

Dans le cadre du programme Act for Food, le Carrefour Market La Mazerine à Genval a aménagé un potager en permaculture dans deux grandes serres dédiées aux légumes oubliés. La récolte sera vendue dans le magasin et pourra être menée par des élèves des écoles du quartier.


En bref

À Cologne, Rewe et Vodafone testent actuellement un magasin roulant autonome. Baptisé « Snack Mobil », il propose des en-cas, des bonbons et des boissons et s’arrête dès qu’un client lui fait signe. Une première européenne.


L’Œil dans le rétro

En avril 2016, l’Œil repérait une initiative au Texas qui pourrait encore parfaitement inspirer les constructeurs automobiles lorsqu’ils imaginent des solutions de déplacements plus responsables…

Et si l’automobile devenait une expérience partagée ? 
Le fait

Au Texas, depuis le mois de mars dernier, Ford offre, à tous groupes constitués de 3 à 6 personnes (voisins, amis, collègues, étudiants…), la possibilité d’acheter un véhicule à plusieurs. Le programme, baptisé Ford Credit Link, comprend un leasing de 24 mois réparti entre les différents copropriétaires ainsi qu’une application leur permettant de gérer leur utilisation de la voiture communautaire (consultation de sa disponibilité, réservation, localisation…), de suivre son état et son entretien et de régler les échéances du crédit. Cette offre est, pour le moment, en test chez trois concessionnaires Ford d’Austin.

L’analyse

En 2015, aux Etats-Unis, Ford avait déjà incité 25.000 de ses clients ayant acheté leur véhicule à crédit à le louer à des particuliers lorsqu’ils ne l’utilisaient pas et, ainsi, pouvoir rembourser une partie de leur crédit. Cette année, la marque va encore plus loin avec une proposition packagée pour l’achat d’un véhicule à plusieurs. Dans les deux cas, une même logique consistant à envisager ses clients comme une communauté. Une communauté d’échanges, d’entraides ou de soutien. Ford sort ainsi progressivement de sa stricte position de constructeur automobile pour apparaître comme une plateforme de services permettant à ses clients de se rapprocher pour vivre une expérience commune. L’économie du partage ne fait pas que transformer notre rapport à la consommation, elle affecte aussi les comportements des entreprises de tous les secteurs en les incitant à développer « un esprit laboratoire » consistant à reconsidérer leur métier à travers le prisme de la relation client. Les marques de demain ne se définiront pas seulement à partir de leurs origines, mais aussi par leur capacité à fédérer des communautés autour d’elles.