Skip to content

Réinventer le commerce, c’est réinventer la forme et les enjeux du commerce…

Vu à Ascain (Pays basque)

Après avoir ouvert son commerce de bijoux dans le bourg basque d’Ascain (4 200 habitants) en 2015, Anne-Laure Arruabarrena y a progressivement étendu son offre aux accessoires et au prêt-à-porter, avant d’installer, trois ans plus tard, un second magasin dans un autre village de la région, Saint-Jean-Pied-de-Port (1 580 habitants). Naissait alors le réseau « Les Bohémiennes » dont l’ambition est de se concentrer sur les petites localités souffrant de désertification commerciale. Les Bohémiennes commercialisent des vêtements, des chaussures et des bijoux au style hippie chic avec un positionnement milieu de gamme. L’enseigne vise des petits emplacements (de 40 à 70m2) pour un investissement limité de 45 000 euros qui peut bénéficier des aides liées aux zones de revitalisation rurale (ZRR). Plusieurs ouvertures sont prévues cette année dans le sud et l’est de la France.

Qu’en penser ?

Face à la désertification des centres-villes et à la progression des ventes sur internet, le commerce de proximité doit se réinventer en proposant de nouveaux modèles capables de produire de nouvelles formes de relations. Cette réinvention doit impérativement cocher trois cases comme l’illustre très bien l’enseigne Les Bohémiennes. S’exprimer dans un format maîtrisé, tout d’abord, tant pour déclencher l’envie de se lancer dans l’aventure commerciale que pour pouvoir se déployer facilement dans des cœurs de villes qui, souvent en souffrance, proposent des baux commerciaux attractifs. Proposer une offre inédite, ensuite, que l’on ne peut retrouver, ni sur le net, ni dans les centres commerciaux, portée par des créateurs indépendants ou des artisans locaux. Enfin, induire un esprit communautaire qui s’exprime ici autant par le choix du nom (imaginaire du voyage et de la tribu) que par une offre volontairement restreinte dont la vertu est de donner le sentiment d’accéder à du rare et d’inciter à multiplier les visites. Deux vecteurs forts de fidélité. Les projets les plus capables de revitaliser les centres-villes ne doivent-ils pas s’adresser de manière égale à ceux qui veulent entreprendre, ceux qui produisent localement et ceux qui envisagent la consommation comme une arme pour agir ?


En bref

Google a récemment annoncé intégrer la réalité augmentée à Google Maps pour donner à ses utilisateurs des repères visuels, particulièrement aux sorties des stations de métro. Et, pour éviter que les utilisateurs ne provoquent un accident en restant concentrés sur leur écran, ces repères s’assombrissent dès qu’ils marchent…


En bref

BMW a introduit un système de « bons points » pour les conducteurs qui font usage de la conduite électrique dans les zones où elle est recommandée. Ces points pourront ensuite être échangés contre des recharges gratuites.


En bref

La marque de chemises Figaret propose désormais, dans quatre de ses magasins, des chemises « imparfaites » (qui étaient avant mises au rebut) à des prix attractifs. Une étiquette spécifique (Figaret à l’imparfait) vient attirer l’attention sur le défaut.


L’Œil dans le rétro

Il y a deux ans, L’Œil repérait à Hambourg une initiative de H&M qui apparait aujourd’hui comme un modèle possible pour la distribution…

L’enseigne de demain ne sera pas celle qui incitera le plus à acheter, mais celle qui réussira le mieux à favoriser la responsabilité de ses acheteurs.

Après la course au zéro déchet, agir en faveur de l’allongement de la durée de vie des produits constitue le nouveau défi des enseignes.

Vu à Hambourg

A Hambourg, H&M vient d’inaugurer, au numéro 12 de la Spitalerstrass, son dernier concept pilote de magasin, baptisé « Take Care », qui doit lui permettre d’affirmer sa conscience verte et de mettre en œuvre son ambition de n’utiliser que des matériaux recyclés ou durables d’ici 2030. Ici, pas de nième ligne de vêtements destinée à une catégorie d’âge ou de style de vie, Take Care ne propose que des produits d’entretien (la première ligne de détergents de l’enseigne, labélisée Good Environnemental Choice et fabriquée en Suède), des ateliers de couture (animés par des influenceurs…) et des conseils en ligne et sur tablettes pour aider ses clients à prolonger la vie de leurs articles de mode (effacer une trace de rouge à lèvres, recoudre un bouton, repriser…). Il est également possible de faire réparer sur place ses vêtements par des professionnels, quelle qu’en soit la marque. Ce projet, qui n’est pour le moment qu’en phase de test, a pour vocation d’être déployé dans l’ensemble du réseau de l’enseigne.

Qu’en penser ?

Outre le fait de n’y vendre aucun vêtement, l’originalité du dernier concept de magasin imaginé par H&M réside dans l’idée de solliciter ses clients pour les inciter à agir en faveur de la planète. Il ne s’agit pas, ici, de verser une part de la recette à des associations, de généraliser les produits et les emballages éco-responsables ou de veiller aux conditions de production, mais d’inciter ses acheteurs à prendre soin de leurs achats en les aidant à en prolonger la durée de vie. Pourquoi l’enseigne serait-elle la seule à faire un effort ? Manière d’attirer l’attention sur soi autant que de nouvelles populations, ce concept est aussi, pour ceux qui savent le regarder, annonciateur d’un des futurs du commerce. Après le commerce qui vend des produits, puis celui qui propose des services pour mieux profiter des produits vendus, voilà venir le temps des enseignes qui incitent leurs clients à limiter la fréquence de leurs achats en prolongeant la vie de ce qu’ils possèdent déjà. Et si les enseignes textiles initiaient, elles aussi, des ateliers en magasin comme le font déjà les enseignes de bricolage ?


Les collaborateurs de BNP Paribas Personal Finance participent au repérage des micro-faits de l’Oeil de L’Observatoire Cetelem.
signifie que le fait ou la brève a été repéré par l’un d’entre eux.