Observer, éclairer et décrypter l'évolution des modes
de consommation en France et à l'international

Partie 2 - SUV, une réussite qui en impose

La référence du marché

5 minutes de lecture

SUV in the skyAlors que le SUV divise comme aucun autre véhicule avant lui, alors qu’il génère des oppositions franches et nettes, des débats enflammés, comment expliquer sa réussite insolente qui en fait aujourd’hui le premier segment du marché automobile ? Une réussite mondiale à laquelle n’échappe aucun des 17 pays de cette étude et plus largement toutes les nations où se vendent des voitures. Car, oui, le SUV plaît et propose de nombreux arguments qui ont su séduire un nombre toujours plus grand d’automobilistes et aussi de passagers. Oui, le SUV connaît un succès que personne n’a vu venir et est promis à un avenir tout aussi prometteur, encore plus en bénéficiant dans les années à venir du coup de baguette magique de la fée électricité.


Une domination globale

C’est le rêve de tout industriel. Voir un produit s’imposer partout dans le monde, à une vitesse fulgurante, et dépasser toutes les attentes que l’on a pu placer en lui, même de façon déraisonnable. Le SUV est l’un de ces rêves devenu réalité, en un temps restreint, pour s’imposer comme le segment de référence du marché automobile.

Aujourd’hui, dans le monde entier, il pèse pour 45 % des ventes et pour 38 % dans l’Union européenne. Dans cette dernière, sa part de marché a été multipliée presque par 2 depuis 2013 (Fig. 10).

Au plan mondial, sur la même période, la croissance est moins impressionnante, mais représente un bond de 50 %.


Fig.10


Tout en haut de l’affiche, on trouve les USA, pays auquel on associe volontiers grandes voitures et grands espaces.

Les SUV remportent un peu plus de la moitié du marché automobile (52 %), avec une croissance des ventes de 50 % en moins de 10 ans. Avec respectivement 48 % de parts de marché, la Chine est le second pays de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022 où plus ou moins 1 automobiliste sur 2 conduit un SUV. Portugal, Turquie, Brésil et Mexique occupent les dernières places de ce classement (28 %, 28 %, 26 % et 19 %). La France se situe quant à elle légèrement au‑dessus de la moyenne européenne avec 40 % de parts de marché pour le SUV, chiffre autour duquel se positionnent la plupart des autres pays (Fig. 11).


Fig. 11



Il y en a pour tous les coûts

Avant de recueillir les points de vue des automobilistes sur les raisons de ce succès, une explication s’impose avec évidence. Au fil du temps le SUV s’est vu proposé à une gamme de prix la plus large possible, équivalente à celle des berlines. On peut ainsi parler tout à la fois de SUV de luxe et de SUV low-cost, ce qui n’allait pas de soi quant à la nature de ce type de véhicule.

Associé souvent à un véhicule imposant et encombrant, le SUV se présente désormais sous toutes les tailles et surtout, comme nous venons de le souligner, à tous les prix. Entre un Dacia Duster ou Ssangyong Tivoli et une Rolls Royce Cullinan, on passe de 14 000 € à 340 000 €, soit un rapport de 1 à 25 (Fig. 12). Pour autant, il faut convenir que l’essentiel des modèles se concentre autour de 30 000 € à 40 000 €. À titre d’exemple, en France, le prix médian pondéré par les ventes s’établit à 32 500 €.

Fig. 12


Les marques qui riment avec SUV

Cette large gamme de prix du SUV sous-entend aussi une autre information essentielle pour en expliquer le succès : toutes les marques ou presque s’y sont converties. Dans l’imaginaire des personnes interrogées pour cet Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022, Jeep reste pour beaucoup associée au SUV. La marque arrive ainsi en tête dans plus de 1 pays sur 2.

Cependant ce n’est pas le cas aux USA, son pays d’origine, où elle se trouve détrônée par Ford. Pour autant, en termes de vente, la Jeep Compass n’occupe « seulement » que la 16e position du classement des ventes mondiales. Autre marque à tirer son épingle du jeu de la reconnaissance, BMW. Avec trois premières places et huit deuxièmes places, les trois lettres de la marque allemande sont clairement associées aux trois lettres du SUV. Pas étonnant, dans la mesure où elle a décliné en miroir de sa gamme de berlines les différentes classes X de ses SUV.

Podium des SUV
Toyota vient enfin compléter le podium des marques qui incarnent le SUV avec deux premières places et aussi de nombreuses troisièmes places. Un résultat somme toute logique puisque le Toyota Rav 4 a été le SUV le plus vendu au monde en 2019 à plus de 950 000 exemplaires (source : IHS) (Fig. 13) s’imposant au 4e rang du classement des ventes de véhicules de tourisme. Depuis son lancement en 1994, il s’en est même écoulé 10 millions d’exemplaires.


Fig. 13


Ensuite, le palmarès des marques associées au SUV fait apparaître de nombreux noms. Une diversité qui se reflète au niveau des ventes puisque huit marques différentes occupent les huit premières places du classement. Au plan mondial des ventes annuelles, les marques japonaises et coréennes jouent les  premiers rôles, seul Volkswagen avec le Tiguan et Chevrolet avec l’Equinox se glissent aux troisièmes et huitièmes places. Volkswagen que l’on retrouve très présent en Europe avec, à nouveau, le Tiguan et le T-Roc qui arrivent en deuxième et troisième positions des ventes annuelles (Fig. 14).

Le Renault Captur vient perturber l’hégémonie allemande en se plaçant, de peu, en tête des ventes avec 179 000 exemplaires.


Fig. 14

Sous-Partie 5
Une source de critiques multiples
S’il est un thème critique qui colle au SUV comme le bout de ruban adhésif aux doigts du capitaine Haddock cher à Hergé, c’est bien celui de la pollution. Et sur ce thème aussi, les opposit
Sous-Partie 7
Atouts pour plaire
Si, comme nous l’avons souligné, le terme de SUV et sa désignation reposent sur une identité floue, aux frontières mouvantes selon les pays et selon que l’on en soit ou non possesseur, le co