Quand l’électrique supprime certaines tensions
Alerte conso
Nous avons vu que le SUV n’était pas assimilé à un véhicule qui consommait peu. La consommation en carburant est de fait un sujet qui questionne, même les possesseurs de SUV, dans un contexte où les prix à la pompe se sont emballés. 34 % d’entre eux désignent la consommation comme la principale raison qui les a fait hésiter à acheter un SUV, une préoccupation partagée surtout par les plus de 55 ans (Fig 20).
Une question particulièrement sensible dans les pays émergents, en Italie et en Espagne. La Norvège, pays de la voiture électrique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et le Japon sont moins concernés par cette problématique. Mais il faut voir derrière cette préoccupation une dimension essentiellement économique et pas vraiment environnementale. Seulement 23 % des possesseurs de SUV ont hésité à l’acheter, confrontés au potentiel impact environnemental de ce type de véhicule.
Fig 20 – Motifs d’hésitation lors de l’achat d’un SUV
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l’infographie montre les raisons avancées par les possesseurs de SUV ayant hésité entre un SUV et un autre type de véhicule au moment de l’achat.
Données :
– Doute sur la consommation de carburant : 34 %
– Prix jugé élevé : 32 %
– Doute sur le gabarit : 28 %
– Praticité en ville : 24 %
– Impact environnemental : 23 %
– Esthétique, finitions, options : 21 %
– Sécurité des autres usagers : 21 %
– Image renvoyée par le véhicule : 19 %
– Autre raison : 6 %
Enseignement principal : les principales hésitations concernent la consommation, le prix et le gabarit.
Source : L’Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022.
La fée électricité bénéfique au SUV
Mais s’il doit y avoir impact environnemental, les automobilistes ont une idée pour le réduire. 77 % estiment que la production de SUV électriques ou hybrides permettrait d’atteindre cet objectif. Dans les pays émergents, ainsi qu’en Pologne, cette solution est même plébiscitée avec des taux d’adhésion qui voisinent, voire dépassent, les 90 %. À l’inverse, des pays comme l’Allemagne, la Belgique et la France se montrent un peu plus mitigés avec des réponses positives inférieures à 60% (Fig 21). Nous avions déjà constaté, dans des éditions précédentes de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile, le regroupement de ces trois pays sur les thématiques liées à l’environnement. Un regroupement dû à leur maturité sur ce sujet et à la prise en compte d’un impact environnemental qui ne se limiterait pas à la seule consommation d’énergie.
Fig 21 – Impact environnemental perçu des SUV électriques
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L’infographie illustre la part de répondants déclarant que la production de SUV électriques ou hybrides permet de réduire l’impact environnemental.
Données :
Afrique du Sud : 87 %
Allemagne : 57 %
Belgique : 58 %
Brésil : 92 %
Chine : 87 %
Espagne : 82 %
États-Unis : 79 %
France : 59 %
Italie : 81 %
Japon : 79 %
Mexique : 91 %
Norvège : 65 %
Pays-Bas : 62 %
Pologne : 91 %
Portugal : 81 %
Royaume-Uni : 70 %
Turquie : 89 %
Enseignement principal : la perception de bénéfice environnemental est majoritaire dans tous les pays, mais son intensité varie fortement.
Source : L’Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022.
SUV électrique – Citadine thermique : 1-0

La fée électricité fait également preuve de sa supériorité environnementale lorsqu’il s’agit d’opposer SUV électrique et citadine thermique. De match alors il n’y a pas, ou presque, le premier recueillant en moyenne 71 % d’opinions favorables contre 29 % pour la seconde (Fig 22). Là encore, on retrouve les mêmes oppositions géographiques que celles vues précédemment avec d’un côté des pays émergents qui soutiennent sans réserve le SUV électrique et de l’autre notre trio, auquel on peut ajouter la Norvège, qui se montre plus sceptique. L’Allemagne est même le seul pays où la citadine thermique l’emporte sur le SUV électrique, la France étant à 1 % de penser la même chose. À noter aussi le particularisme ibérique qui voit l’Espagne et le Portugal afficher des scores comparables à ceux des pays émergents.
Fig 22 – Perception écologique des types de véhicules
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L’infographie montre, pour 17 pays, la part de répondants estimant lequel de deux types de véhicules est le plus respectueux de l’environnement : « citadines, berlines thermiques » ou « SUV électriques ».
Les moyennes indiquées sont : 29 % pour les voitures thermiques, 71 % pour les SUV électriques.
Données par pays :
Afrique du Sud : 18 % thermiques, 82 % SUV électriques
Allemagne : 53 % / 47 %
Belgique : 44 % / 56 %
Brésil : 10 % / 90 %
Chine : 19 % / 81 %
Espagne : 16 % / 84 %
États-Unis : 39 % / 61 %
France : 49 % / 51 %
Italie : 31 % / 69 %
Japon : 25 % / 75 %
Mexique : 13 % / 87 %
Norvège : 41 % / 59 %
Pays-Bas : 40 % / 60 %
Pologne : 26 % / 74 %
Portugal : 17 % / 83 %
Royaume-Uni : 36 % / 64 %
Turquie : 13 % / 87 %
Enseignement principal : dans la majorité des pays, les SUV électriques sont perçus comme plus respectueux de l’environnement que les voitures thermiques, mais l’écart varie fortement selon les marchés.
Source : L’Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022
La réponse des constructeurs dans le sens des attentes
Le tropisme électrique des automobilistes les invite aussi à regarder avec bienveillance les efforts des constructeurs automobiles à vouloir proposer davantage de véhicules hybrides ou électriques. Pour 83 % des personnes interrogées, ils font d’abord preuve d’anticipation. Anticipation des restrictions de circulation urbaine, d’objectif de neutralité carbone, de la disparition programmée des moteurs thermiques. Une fois encore, hormis l’Espagne, l’Italie et la Pologne, les pays occidentaux sont légèrement moins enclins à le penser. Avec un pourcentage quasiment identique (82 %), les automobilistes pensent que les constructeurs s’appuient sur ce type de motorisation pour atteindre les objectifs environnementaux, toujours plus contraignants, qui leur sont fixés (Fig 23). À ce sujet, les réponses entre pays sont plus homogènes que sur l’item précédent.
Fig 23 – Opinion sur motivations des constructeurs SUV
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L’infographie présente, en moyenne pour 17 pays, la part de répondants estimant que les constructeurs poursuivent diverses motivations en proposant des SUV hybrides ou électriques. Les réponses regroupent « oui, plutôt » et « oui, tout à fait ».
Données :
– Préparer l’avenir (restrictions de circulation, neutralité carbone, disparition progressive du thermique) : 83 %
– Atteindre les objectifs environnementaux qui leur sont fixés : 82 %
– En profiter pour appliquer des tarifs plus élevés : 79 %
– Répondre aux attentes des automobilistes : 78 %
– Se donner bonne conscience d’un point de vue écologique : 76 %
Enseignement principal : les répondants attribuent plusieurs motivations aux constructeurs, associant à la fois des objectifs réglementaires, environnementaux et commerciaux.
Source : L’Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022.
Alors que 78 % jugent aussi que les constructeurs répondent aux attentes des automobilistes, deux bémols se glissent cependant dans ce concert relativement positif. 79 % de ces derniers estiment qu’ils en profitent pour augmenter leurs tarifs et 76 % jugent qu’ils se donnent ainsi bonne conscience. La dichotomie géographique traditionnelle éclate pour faire place à des regroupements inédits. Brésiliens, Français et Polonais se regroupent au sein d’un trio qui vilipende l’âpreté aux gains des constructeurs. Côté indulgents, on rencontre les Japonais et les Chinois. Pour condamner la bonne conscience facile que s’offrent les constructeurs, les Français s’associent aux Espagnols, aux Turcs, aux Brésiliens, aux Polonais et aux Japonais. Et c’est au tour des Norvégiens, des Néerlandais et des Portugais d’être moins soupçonneux.
Le SUV se branche à l’électrique
Alors que le marché automobile voit l’émergence de « pure electric players » en matière de conception de SUV, force est de constater que les trois années à venir seront marquées du sceau massif d’une électrification à 100 % de nombreux véhicules de ce type.
Fig 24 – Disponibilité de versions électriques des SUV 2022–2024
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Le tableau liste des modèles de SUV dont la sortie est prévue entre 2022 et 2024. Pour chaque modèle, l’infographie indique s’il est disponible en version thermique/PHEV, en version 100 % électrique, ainsi que son année de sortie.
Données principales (extraits structurés, sans omission) :
Modèles 2022 :
Renault Kadjar (thermique/PHEV), Peugeot 4008 (électrique), Alfa Romeo SUV Urbain (électrique), Alfa Romeo Tonale (thermique/PHEV), BMW X8 (électrique), Ford Evos (2022), Lexus LF-Z (électrique), Mercedes EQS SUV (électrique), Mitsubishi Outlander (thermique/PHEV), Porsche Macan-E (électrique), Skoda Enyaq IV GT (électrique), Smart SUV (2022), Subaru Solterra (électrique).
Modèles 2023 :
Renault Morphoz (électrique), Peugeot 3008 (électrique), Alpine SUV (électrique), Audi Q2 e-tron (électrique), Audi Q5 e-tron (électrique), Cupra Tavascan (électrique), Dacia Duster (thermique/PHEV), Fiat SUV compact (électrique), Volvo XC100 (électrique).
Modèles 2024 :
Hyundai Tucson (électrique), Renault 4L (électrique), Peugeot e-1008 (électrique), DS9 Crossback (2024), Dacia Bigster (thermique/PHEV), Opel Monza-E (électrique).
Enseignement principal : la majorité des modèles listés pour 2023–2024 incluent une version entièrement électrique.
Source : C-Ways d’après les sites des constructeurs.
Fig 25 – Dates d’interdiction des ventes de véhicules thermiques
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La carte représente les dates annoncées par divers pays concernant l’interdiction de la vente de véhicules neufs thermiques ou hybrides. Les pays sont associés à trois échéances : 2025, 2030 ou 2035.
Données :
• 2025 : Norvège
• 2030 : Brésil, Allemagne, Pays-Bas, État de Washington (États-Unis)
• 2035 : Chine, Japon, Belgique, Espagne, France, Italie, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Californie, New York, New Jersey, Massachusetts (États-Unis)
• Date non définie : Afrique du Sud, Mexique, Turquie
Enseignement principal : la majorité des pays représentés visent une interdiction en 2035, tandis que certains n’ont pas encore fixé d’échéance.
Source : C-Ways d’après les annonces gouvernementales.