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Pourquoi toujours opposer supermarchés et magasins de proximité ?

Vu à Craponne-sur-Arzon

A Craponne-sur-Arzon, commune rurale de 2 000 habitants plutôt isolée de Haute-Loire, le supermarché Super U permet aux porteurs de sa carte de dépenser leur cagnotte fidélité dans une trentaine de petits commerces locaux sur la cinquantaine recensée sur la localité (les bars et tabacs sont exclus de cette opération). Ils n’ont qu’à se rendre à l’accueil du Super U munis de leur carte pour se faire remettre la somme qu’ils désirent, débitée de leur compte fidélité, sous forme d’un chèque cadeau qui pourra être utilisé dans l’un des magasins participants. Ne reste plus alors au commerçant bénéficiaire de renvoyer ce chèque accompagné du ticket de caisse au Super U pour obtenir son remboursement.

Qu’en penser ?

Loin des grandes intentions délivrées par les élus locaux lorsque est abordée la question des centres- villes et de leur déshérence, les initiatives de certains commerçants viennent parfois apporter, par leur simplicité et leur bienveillance, des solutions concrètes, faciles à mettre en œuvre et inattendues comme celle imaginée par le Super U de Craponne-sur-Arzon. Pourquoi la grande distribution devrait-elle toujours s’opposer aux commerces indépendants ? Certes, le supermarché « sacrifie » ici une partie de l’argent épargné par ses clients puisque celle-ci ne lui revient plus, mais il gagne en image, en citoyenneté et en buzz par sa contribution à la préservation de la vie dans sa ville. Une compensation symbolique non négligeable et une manière de rappeler qu’un supermarché est aussi un commerce de proximité. Une bonne entente entre tous les types de commerces au sein des petites villes est sans doute l’une des conditions pour aboutir à des propositions qui finiront par profiter à tous. L’autre originalité de l’initiative vient de sa manière d’envisager la fidélité des clients puisqu’elle oriente celle d’un supermarché vers les commerces du centre-ville. Pourquoi la fidélité à une enseigne serait-elle toujours récompensée par des avantages au sein de sa propre offre selon un principe implicite de « monogamie consommatoire » ? Ne pourrait-elle pas, aussi, servir à soutenir une cause plus large, un combat à mener, ici ou ailleurs ?


En bref

Pour donner une seconde vie à ses avions qui ne sont plus en vol, Airbus a hébergé dans son incubateur une start-up de designers en charge de transformer certaines de leurs parties en mobilier design.

Nicolas R. / L’Echangeur 


En bref

Créée par la start-up allemande Sono Motors, la Sion est une voiture électrique capable de se recharger grâce à des panneaux solaires disséminés sur le toit, le capot et la carrosserie. Le tout pour 25 500€ et pour une autonomie de 34km. En précommande sur le site de la marque.


En bref

A Genève, La Manivelle se présente comme la première bibliothèque d’objets de Suisse. Le lieu offre la possibilité d’emprunter librement près de 350 objets du quotidien moyennant un abonnement annuel.

Isabelle R. / Distribution France


Un œil dans le rétro

En juin 2010, l’Œil repérait en Angleterre une initiative proche de celle évoquée cette semaine…

Carte d’in-fidélité  

Le fait

Célèbre pour avoir remporté le prix du « meilleur café du monde », le Prufrock Coffee, situé dans l’est de Londres, propose désormais à ses clients une « Disloyalty Card » les incitant à aller prendre un café dans un des huit autres bars « amis » du quartier et à y faire tamponner ladite carte. Une fois celle-ci remplie, les clients peuvent alors revenir au Prufrock Coffee où ils se verront offrir un de ses fameux cafés… Une manière originale d’exercer le goût de ses clients qui a fait des émules puisque, sur le même principe, s’est créée au Canada la « Toronto Coffee Conspiracy » entre sept bars amis avec, comme point de différence, que les clients peuvent choisir le café dans lequel ils reviendront une fois leur carte remplie…

L’analyse

Inattendue dans son intention et sans doute pas toujours facile à dupliquer, la carte de « déloyauté » imaginée par le Prufrock Coffee vient intelligemment renouveler la manière d’envisager les cartes de fidélité. Ici, l’objectif affiché n’est pas d’inciter ses clients à fréquenter régulièrement une enseigne, mais de leur donner l’habitude d’aller boire un café, même dans les établissements concurrents du quartier. Une manière de sortir des habituelles rivalités concurrentielles, d’installer l’idée que chacun peut tirer profit d’une plus grande affluence globale et de rappeler que défendre son métier, c’est défendre la qualité du (des) produit(s) qui en font la renommée. L’infidélité à une enseigne pour une plus grande fidélité à un produit et à un quartier ?


Les collaborateurs de BNP Paribas Personal Finance participent au repérage des micro-faits de l’Oeil de L’Observatoire Cetelem.
signifie que le fait ou la brève a été repéré par l’un d’entre eux.