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Partie 3 - Entrepreneur de sa consommation

Dans économie circulaire, il y a d’abord économie

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C’est sans doute l’un des faits majeurs mis en lumière par ce nouvel Observatoire Cetelem de la Consommation. Avec l’émergence du consommateur comme vendeur, notamment par l’utilisation des plateformes qui mettent en connexion les particuliers, celui-ci affirme son autorité et son contrôle sur sa consommation. En tant « qu’entrepreneur », il privilégie particulièrement la recherche de revenus complémentaires, argent bienvenu dans le contexte d’une crise sanitaire qui perdure, et ses conséquences économiques induites. Ceci ne fera que mettre davantage en évidence les différences générationnelles, les plus jeunes endossant plus facilement ces habits de consommateurs-vendeurs que leurs aînés.

La rationalité du consommateur est depuis longtemps au cœur de l’économie. De nombreux auteurs se sont penchés sur la question, dans le cadre d’une économie linéaire. Avec l’émergence de l’économie circulaire, qu’en sera-t-il de cette potentielle rationalité ?

Une consommation raisonnée

6 Européens sur 10 nous disent acheter autant, tout en réduisant leurs déchets, en veillant à revendre, donner ou garder plus longtemps au lieu de jeter (Fig. 8). Derrière cette attitude, il faut sans doute voir une volonté de ne se placer ni dans le sens de la surconsommation, ni de la déconsommation, mais plutôt d’adopter un comportement qui puisse à la fois conjuguer la satisfaction personnelle et la responsabilité collective.

Chemin de la revalorisation

Sur cette question, les différences entre pays sont significatives, sans faire apparaître de groupes géographiques particuliers. Les Espagnols se placent en tête du palmarès (70 %), les Suédois en occupent la dernière place (48 %). Entre les deux, de nombreuses nations comme le Royaume-Uni ou le Portugal se situent dans la moyenne (59 % et 58 %).

Fig. 8

Gagner plus, dépenser moins

Pour autant, derrière cette consommation raisonnée et raisonnable, les véritables potentialités de l’économie circulaire, et donc son attrait, apparaissent très vite aux yeux des consommateurs pour se fixer avant tout sur sa dimension économique, dans tous les sens du terme.

Objectif premier des Européens : gagner davantage d’argent (Fig. 9). Près de 8 Européens sur 10 y voient une raison de s’y adonner. Les Portugais et les Suédois sont les plus nombreux à le souligner (86 % et 84 %), alors que les Britanniques et les Danois sont relativement moins nombreux à s’inscrire dans cette quête financière (71 % et 72 %).

Si gagner plus d’argent constitue le « yin » de l’économie circulaire, dépenser moins en compose à l’évidence le « yang », avec 75 % des Européens qui se placent dans cette perspective. À ce sujet aussi, les Portugais affichent les plus fermes résolutions, aux côtés des Hongrois (83 %). Polonais et Danois s’imposent comme les moins fourmis avec des intentions de dépenser moins les plus faibles de l’enquête (65 % et 66 %).
Mais avant d’être géographique, la différence est d’abord générationnelle, 83 % des plus de 50 ans envisageant dépenser moins contre seulement 65 % des moins de 35 ans et 71 % des 35-49 ans. 

Fig. 9

Faire des économies, une priorité

Faire des économies une prioritéLe Baromètre Observatoire Cetelem a mis en évidence que, si les Européens sont prêts à consommer davantage, ce n’est pas à n’importe quel prix. Cette étude sur l’économie circulaire vient confirmer ce principe de précaution alors que la crise sanitaire, tel le monstre du Loch Ness, ne cesse de réapparaître pour ensuite se faire oublier, modifiant en profondeur et durablement le comportement des consommateurs. Ainsi, les Européens qui achètent des produits d’occasion privilégieront la recherche d’économies (52 %) (Fig. 10). Cette dimension monétaire s’impose nettement devant la conviction d’avoir un comportement écologiquement responsable (36 %) ou la possibilité d’accroître ou de diversifier leur consommation (29 %). Un choix plus marqué au Portugal (63 %), en Slovaquie (60 %) et en Suède (59 %) et relativement moins en Italie (47 %), en Autriche et au Royaume-Uni (48 %).

Fig. 10

Que feront alors les Européens de cet argent économisé ? D’abord, ils l’épargneront (52 %), nouvelle confirmation que la volonté d’épargner est toujours vivace en ces temps incertains (voir le Baromètre Observatoire Cetelem) (Fig. 11). Ils l’utiliseront également pour acheter d’autres produits, les moins de 50 ans étant plus disposés à le faire que leurs aînés. 

D’une nation à l’autre, les comportements sont cette fois fortement différents. On retrouve à nouveau les Portugais accompagnés cette fois-ci des Belges et des Suédois pour être les plus enclins à thésauriser (69 %, 64 % et 63 %). En revanche, les Bulgares, les Roumains, les Hongrois mais aussi les Allemands sont décidés à ouvrir les cordons de leur bourse (respectivement 66 %, 58 %, 55 % et 54 %).

Fig. 11

Aller à l’essentiel

Aller à l'essentielCependant, ces achats rendus possibles grâce à la réalisation d’économies restent marqués du sceau de la raison. Loin de faire des folies, 7 Européens sur 10 achèteront alors des produits nécessaires pour leur vie quotidienne ou susceptibles de maintenir, voire d’améliorer leur niveau de vie (Fig. 12). Cette sagesse économique sera particulièrement marquée en Bulgarie et en Hongrie, alors que la Belgique et les trois pays nordiques se montreront un peu plus raisonnables, restant cependant à un niveau relativement élevé de consumérisme de précaution. 

Fig. 12

Sous-Partie 7
Une notoriété en devenir
Le quart des Européens disent savoir ce que signifient les termes d’économie circulaire ; ils sont encore plus nombreux à estimer qu’elle est développée dans leur pays, soulignant ainsi, c
Sous-Partie 9
L’avènement du consommateur-vendeur
Jusqu’alors, l’économie, et plus précisément les échanges commerciaux entre ses différents acteurs, définissait avec une certaine clarté les rôles attribués à chacun. D’un côté, il