15 La télémédecine

Avènement de la télémédecine : un diagnostic confirmé

Deux chiffres suffiraient à donner l’ampleur du développement de la télémédecine. En France, en février 2020, 40 000 consultations qui relèvent de cet exercice ont été remboursées. En avril de la même année, 4,5 millions. Le renouvellement d’une ordonnance et la demande d’un conseil constituent les deux principaux usages de la télémédecine avec comme conséquence des cabinets médicaux moins saturés.

Si on est encore loin d’une pratique massive comme en Chine où certains patients ne voient plus de médecins pendant des années et où les plus grands groupes s’intéressent à la e-santé, la pandémie a mis l’accent sur un intérêt pour la médecine à distance qui a contribué au désengorgement des hôpitaux.

Un fonctionnement satisfaisant variable selon les pays…

Comme au sujet de l’éducation à distance, le point de vue des Européens sur la télémédecine est plus que modéré. 45 % estiment qu’elle fonctionne bien (Fig. 46). La fracture est nette entre les pays du groupe Nord, ainsi que la France, qui la juge avec bienveillance, et les pays d’Europe centrale qui sont beaucoup plus critiques. La Bulgarie affiche ainsi seulement 17 % d’opinions positives. Il faut sans doute voir dans ces résultats le différentiel entre des pays très bien équipés au plan médical et d’autres qui le sont moins.

 

Fig. 46 :

 

 

« Les consultations médicales, c’est très bien. Ça dépend pour quelles raisons et quels médecins. On économise le déplacement. C’est pratique. Il faut accélérer ce développement et avoir des médecins régulateurs. »

 

… et une pratique qui l’est tout autant

Pour autant, près de 6 Européens sur 10 disent avoir déjà essayé la télémédecine ou être tentés de le faire (Fig. 47). C’est en Roumanie, au Portugal, en Italie, en Pologne et en Espagne que ses adeptes sont les plus nombreux. Les Belges, les Français, les Slovaques et les Autrichiens sont les plus réticents à franchir le pas (62 %, 54 %, 54 % et 53 %).

 

Fig. 47 :