06 La vie sans contact, entre contrainte et insatisfaction

Les Européens n’ont aucun doute sur la réalité du sans contact au quotidien. Ils en apprécient les pratiques, même s’ils considèrent d’un point de vue différent ce qui relève des usages concrets et de la dimension sociale. Pour autant, cette vie sans contact est vécue comme une contrainte. Et surtout, toutes les catégories sociales ne sauraient être placées sur un pied d’égalité pour en bénéficier pleinement.

Une présence bien affirmée au quotidien

Si l’antériorité des multiples aspects d’une vie sans contact ne fait pas de doute aux yeux des Européens, sa réalité quotidienne leur est tout aussi tangible. 8 sur 10 affirment qu’elle est bien présente au jour le jour (Fig. 19). D’un pays à l’autre, les opinions sont globalement homogènes avec cependant les Allemands et les Tchèques relativement moins nombreux à l’estimer (72 % et 71 %), les Polonais et les Portugais pour en être les plus convaincus (90 % et 89 %).
Ce sentiment d’une vie sans contact bien présente est suffisamment partout ressenti pour qu’on ne retrouve pas un clivage précis entre les trois zones géographiques mentionnées précédemment.

 

Fig. 19 :

 

 

8 Européens sur 10 considèrent les pratiques sans contact présentes au quotidien.

 

Une réalité ressentie comme une contrainte

Constater la réalité de la vie sans contact ne signifie pas pour autant que celle-ci soit naturellement acceptée. 6 Européens sur 10 vivent les évolutions qui lui sont liées comme une contrainte (Fig. 20). L’antériorité des pratiques fait que ce « non-choix » est moins sensible dans certains pays du groupe Nord comme l’Allemagne et le Royaume-Uni (52 % et 53 %), alors que la plupart des pays du groupe Est semblent particulièrement subir la vie sans contact, notamment en Roumanie et en Bulgarie (79 % et 72 %). Les pays latins se montrent plus partagés.
Les Italiens sont les moins nombreux à ressentir cette contrainte, alors que les Français expriment une opinion proche de celle des pays d’Europe centrale (69 %).

Sur cette question, les critères de l’âge et du niveau de revenus font apparaître un ressenti différent de cette contrainte. Les jeunes et les foyers aux revenus supérieurs l’acceptent plus facilement (45 % pour les 18-24 ans, 46 % pour les 25-34 ans) à l’opposé des séniors et des foyers aux revenus modestes (65 % pour les 50-64 ans, 63 % pour les 65 et plus).

 

Fig. 20 :

 

Des évolutions qui ne séduisent pas

Évolutions subies, donc, mais aussi évolutions jugées plutôt défavorablement puisqu’elles plaisent seulement à 45 % des Européens. Une fois encore le Royaume-Uni et l’Allemagne, au tropisme sans contact affirmé, sont les plus séduits (56 % et 52 %) (Fig. 21). Avec des Espagnols qui sont aussi nombreux à aller dans leur sens (55 %). Et la logique géographique que nous avons relevée est globalement respectée. Les Roumains et les Bulgares goûtent très modérément à ces évolutions (18 % et 32 %). La France est à nouveau proche de ces derniers pays (37 %).

 

Fig. 21 :

 

 

« On est un peu triste par rapport à la vie d’avant. C’est là la difficulté de se projeter. »