13 Le télétravail

Le télétravail s’affirme…

Et si, dans la lignée de la consécration du télétravail, 2020 marquait l’émergence du « full remote » ? Derrière cette expression se cache la version ultime du travail à distance, celle où le salarié, le digital nomade, ne se rend jamais au bureau (Fig. 38).

 

Fig. 38 :

 

Avec la crise sanitaire, force est de constater que travailler chez soi est devenu un potentiel levier de gestion des ressources humaines pour les entreprises, et surtout une nécessité qui s’est imposée. Les années précédentes avaient déjà marqué une croissance sensible du télétravail dans de nombreux pays européens. Le Royaume-Uni se situe aux avant-postes, avec 40 % des entreprises qui y auraient recours de façon pérenne (source : sondage de l’Institut Fraunhofer, juillet 2020). À l’inverse, des pays comme l’Espagne ou l’Italie semblent l’avoir découvert avec la pandémie.

Ces derniers mois, les confinements successifs ont accentué dans des proportions considérables cette tendance jusqu’à la rendre sans doute irréversible (Fig. 39). L’analyse des déplacements du domicile au lieu de travail, réalisée sur un panel de pays européens, montre que l’exercice de son métier au bureau n’a jamais retrouvé le niveau d’avant confinement. En ce domaine, comme il a été souvent dit au sujet de la Covid-19, « plus rien ne sera jamais comme avant ».

 

Fig. 39 :

 

… et est bien accepté

Les Européens accueillent favorablement ce bouleversement. 67 % affirment que le télétravail fonctionne bien (Fig. 40). Sans doute le plaisir d’une certaine liberté retrouvée et les bienfaits de la suppression de déplacements quotidiens souvent fatigants, même si la frontière entre vie professionnelle et vie privée devient moins étanche. Les entretiens menés dans le cadre de cette étude ont ainsi souligné que les horaires de travail pouvaient être plus conséquents, contrairement à ce qu’on pourrait intuitivement penser.

En Suède et au Royaume-Uni, les opinions positives sont nombreuses. Deux pays où télétravailler n’est pas une nouveauté. Mais au Portugal et en Espagne, où cette réalité professionnelle est plus récente, un égal enthousiasme est partagé (73 %). En Europe centrale, ce sentiment est plus mesuré. Les Bulgares sont ainsi seulement 53 % à juger que le télétravail fonctionne bien.

 

Fig. 40 :

 

 

« Le télétravail, ça apporte quand même un confort, un côté liberté, on peut gérer plus facilement son temps et son travail. J’aimerais bien en avoir une ou deux journées parce que ce que je fais au bureau ou chez moi, c’est la même chose. »

 

La dimension sociale du travail à respecter

Les Européens n’en oublient pas pour autant que le travail est affaire de sociabilité. Une petite minorité des actifs (22 %) souhaite travailler uniquement chez soi, les Britanniques y étant à nouveau les plus favorables (30 %) (Fig. 41). Signe que le télétravail s’est inscrit durablement dans le paysage professionnel, et dans les esprits, 4 Européens sur 10 se voient exercer leur métier parfois sur leur lieu de travail et parfois chez eux. Ils sont en tous cas un peu plus nombreux que les irréductibles qui désirent travailler uniquement sur leur lieu de travail (37 %). D’un pays à l’autre, les différences de points de vue sont marquées. Pour seulement 30 % de Britanniques qui veulent conjuguer « in and out », 55 % des Slovaques, 54 % des Bulgares et des Tchèques s’y projettent. Les Français se montrent quant à eux plutôt traditionnalistes, avec 43 % qui souhaitent exercer exclusivement sur leur lieu de travail.

 

Fig. 41 :