09 Une adaptabilité corrélée à l’âge et au niveau de revenus

Dans tous les cas, c’est facile…

Ce sens personnel de l’adaptation à la nouvelle vie sans contact couvre la plupart des pratiques qui relèvent du quotidien. Toutes recueillent une majorité d’avis favorables, exceptés le fait d’entretenir des relations avec ses amis ou de faire une rencontre amoureuse à distance.

Quel que soit le sexe, la tranche d’âge ou le niveau de revenus, pour les deux tiers des Européens, il est facile de s’adapter aux pratiques sans contact (Fig. 27).

 

Fig. 27 :

 

Une fois encore, le commerce en ligne est le plus plébiscité (79 %) (Fig. 28). Et une fois encore, ce sont les Français qui rechignent à le déclarer (63 %). Cet item n’occupe pas la première place de leur classement, idem pour les Belges.

L’information, le paiement, la gestion et les démarches administratives sans contact suivent dans un mouchoir de poche (76%, 74% et 73%). Les Portugais apprécient particulièrement ces facilités alors que les Français et les Belges sont à nouveau plus réfractaires.

Les autres facilités offertes par la vie sans contact sont aussi très appréciées, même si elles enregistrent des approbations un peu moins fortes. En bas du classement, on retrouve celles qui mettent en jeu la relation humaine dans ce qu’elle a de plus intime. Nous y reviendrons dans la troisième partie de cette étude.

 

Fig. 28 :

 

… mais pas pour tout le monde

Les personnes qui habitent la campagne, les personnes en perte d’autonomie ou encore les personnes qui ont des difficultés économiques éprouvent davantage de difficultés à s’adapter à la vie sans contact (Fig. 29). Un point de vue qui s’impose dans tous les pays de l’étude avec les Tchèques pour l’exprimer à une quasi-unanimité (87 %).

Quant aux jeunes, ils tireront le meilleur parti de la vie sans contact. 71 % des Européens le pensent. Les « Igen », ainsi nommés par le psychologue Jean Twenge, nés avec un smartphone à la main, possèdent un avantage numérique « génétique » déterminant. Les entretiens qualitatifs conduits dans le cadre de cette étude ont souligné que cette opinion était partagée quelles que soient les générations. Mais, les opinions nationales sont un peu plus contrastées. 82 % des Tchèques l’affirment alors que les Belges sont seulement 57 %.

Troisième gagnant d’une vie sans contact en développement, la communauté des urbains (69 %). Avec toujours des Tchèques et des Belges qui se situent aux antipodes (77 % et 58 %).

Les enfants complètent enfin ce quatuor des bénéficiaires d’une vie sans contact en termes d’adaptabilité.

 

Fig. 29 :

 

Ensuite, plus question de voir sous un angle positif cette capacité d’adaptation selon les catégories sociales concernées. Moins d’1 Européen sur 2 estime que les parents, les personnes vivant à la campagne, en perte d’autonomie ou en difficulté économique sauront faire face à ces changements. Ils sont même seulement 1 sur 5 à penser que les personnes âgées pourront s’adapter. Les pays du groupe Nord se montrent un peu plus optimistes que les autres. Ceux du groupe d’Europe centrale, souvent plus ruraux, affichent un pessimisme très affirmé.

Ces résultats mettent en exergue une fracture numérique, dont la vie sans contact est l’une des composantes tangibles, qui verrait seulement les jeunes, les urbains et les personnes aisées tirer leur épingle du jeu. Populations qui caractérisent aujourd’hui de plus en plus celles des villes européennes.

 

1 Européen sur 5 pense que les personnes âgées pourront s’adapter à la vie sans contact.

 

L’essentiel

 

 

  • 8 Européens sur 10 affirment que les pratiques sans contact sont quotidiennement présentes
  • 44 % des Européens reconnaissent le bénéfice des pratiques sans contact en matière de sécurité sanitaire et de santé
  • 55 % des Européens ne sont pas séduits par la vie sans contact
  • 50-64 ans : Âge des personnes qui ressentent le plus la vie sans contact comme une contrainte
  • Plus d’1 Européen sur 2 pense que l’accélération des pratiques sans contact est favorable à l’environnement