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Connaître le « score carbone » d'un produit inciterait à favoriser les achats « green »

(ETX Studio) – Connaître le coût environnemental d’un produit alimentaire grâce à une étiquette pousserait le consommateur à se diriger vers des alternatives plus écologiques. À condition toutefois que cet étiquetage des produits soit obligatoire, démontrent des chercheurs scandinaves. 

D’ici quelques années en France, certains produits à la consommation seront peut-être vendus estampillés d’un « score carbone », c’est-à-dire avec des étiquettes affichant des informations relatives à l’empreinte carbone de l’article acheté, de sa fabrication à la gestion de son déchet. Cette mesure visant à sensibiliser les consommateurs fait partie des 146 propositions de la Convention citoyenne pour le climat et a été validée début mars en commission spéciale pour une phase d’expérimentation dans un premier temps. 

Une méthode qui pourrait porter ses fruits, comme le démontre une récente étude réalisée par l’université de Copenhague et l’université suédoise des sciences agricoles. Publiée dans Science Direct, la recherche a impliqué la participation de 803 volontaires, invités à choisir entre six alternatives de produits alimentaires, aux emballages dépourvus de score carbone.

Les participants devaient indiquer s’ils souhaitaient (ou non) connaître l’impact environnemental associé à la fabrication des produits qu’ils s’apprêtaient à sélectionner : 33% des participants ont refusé qu’on leur communique ces informations. Selon les chercheurs, cette récalcitrance pourrait s’expliquer par une stratégie dite « d’évitement », visant notamment à s’affranchir du dilemme consistant à trancher entre plaisir de consommer et conscience écologique.

Tous les participants à l’étude ont ensuite été invités à faire de nouveaux choix, mais cette fois avec des produits comportant une étiquette relative à leur impact environnemental. Ceux qui ont accepté de consulter le score carbone environnemental des produits ont vu leur empreinte climatique diminuer de 32% grâce à leurs choix éclairés. Étonnamment, ceux qui ont refusé de s’informer ont tout de même réduit collectivement leur empreinte de 12%.

« Si une personne apprécie la viande rouge, mais est informée de l’impact néfaste de cet aliment sur le climat, cela peut lui donner mauvaise conscience (…) Toutefois, si l’information sur l’impact climatique est imposée au consommateur, certains choisiront d’acheter du poulet plutôt que du bœuf et, ce faisant, atténueront certains des sentiments négatifs associés à la prise d’une décision qui a une plus grande conséquence sur le climat », suppute Jonas Nordström, chercheur au département d’économie de l’alimentation et des ressources de l’université de Copenhague et co-auteur de l’étude.

Partant de ce constat, les auteurs de l’étude en déduisent que l’étiquetage carbone des produits devrait être obligatoire afin d’inciter les consommateurs à orienter leurs achats vers des choix davantage écoresponsables. 

(Crédits photo : Mikolette / Getty Images )