02 Un marché en panne

L’automobile, une industrie de premier ordre

En 2010, le chiffre d’affaires de l’industrie automobile européenne a atteint 536 milliards d’euros. C’est l’une des plus importantes industries en Europe en termes de production, de chiffre d’affaires et surtout d’emplois. Ainsi, avec 2,4 millions d’emplois directs et 10,3 millions d’emplois indirects, l’industrie automobile offre un poste à près de 12,6 millions d’Européens, soit 5,6 % des emplois en Europe. C’est l’Allemagne qui propose le plus d’emplois directs (798 000). La France est en 2e position, mais très loin avec seulement 260 000 emplois directs.

Les emplois directs de l’industrie automobile dans l’Union Européenne en 2010
Entreprises > 20 salariés UE 27 DE BE ES FR IT PT UK TR 6 pays entrants (1)
Emplois directs (en milliers) 2 420 798 43 164 260 184 23 177 300 576
dont construction de véhicules automobiles 1 000 482 24 70 150 69 77 185
dont fabrication de carrosseries et remorques 199 47 7 15 28 17 24
dont fabrication d’équipements automobiles 1 147 269 11 80 82 98 76 391

(1) Six principaux nouveaux entrants : Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie.
Source : BIPE d’après CCFA analyses & statistiques, 2011 et ACEA Pocket Guide 2011

Prévoir les marchés automobiles

Pour évaluer au plus juste les marchés automobiles de court terme (deux ou trois ans), le prévisionniste travaillera sur un horizon de cinq à dix ans. Il lui sera ainsi possible de juger si la période traversée est normale, ou qualifiée de surchauffe ou encore de sous-régime. L’étude démontre l’existence d’une corrélation positive entre richesse et équipement automobile. L’histoire montre en effet que dès qu’un pays s’enrichit, année après année, le taux d’équipement automobile augmente. Il faudra ensuite déterminer comment anticiper le taux de motorisation pour prévoir les marchés futurs. Grâce aux prévisions démographiques, il sera possible de déterminer mécaniquement un volume de parc total futur.

Un passé économique dépassé

Les analystes sont unanimes : la croissance des marchés automobiles futurs ne viendra pas de la vieille Europe, ni d’autres pays développés d’ailleurs. En 2015, si la filière automobile n’identifie pas des leviers de croissance pertinents et qu’elle ne s’en empare pas pour repartir à la conquête des clientèles, 15 millions de véhicules « seulement » devraient être vendus, contre 17,7 millions en 2007, juste avant l’entrée dans la crise économique et financière. En attendant, ce sont les pays émergents et en transition (Brésil, Russie, Inde et Chine) qui capteront l’essentiel de la croissance automobile. En 2015, il devrait s’immatriculer 2,6 fois plus de véhicules dans ces pays que dans l’Europe des 27. Parallèlement, le taux d’achat des ménages européens étant très faible, son potentiel de baisse est limité.

Le taux d’achat des ménages sur huit pays (1)
Immatriculations totales VPN en 2012 Part des particuliers Part des sociétés Immatriculations particuliers Nombre de ménages Taux d’achat des ménages
France 1 950 55% 45% 1 073 27 150 500 4,0%
Italie 1 475 63% 37% 929 24 257 900 3,8%
Espagne 1 475 63% 37% 929 24 257 900 3,8%
Portugal 105 44% 56% 46 3 891 700 1,2%
Allemagne 3 160 40% 60% 1 248 39 646 600 3,1%
Royaume-Uni 1 985 44% 56% 873 26 545 300 3,3%
Belgique‑Luxembourg 535 54% 46% 289 4 698 900 6,1%
Total 9 960 48% 52% 4 781 142 891 100 3,35%

(1) Le calcul est effectué en prenant strictement les immatriculations à destination des ménages.
Sources : ACEA – CCFA – L’Observatoire de l’Automobile Cetelem, BIPE.