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« Devenir végane a été plus simple que je l'imaginais »

20
mar
2021

(ETX Studio) – Ce samedi 20 mars est placé sous le signe de la Journée sans viande. L’occasion d’ouvrir ses papilles et son esprit et de s’essayer au végétarisme… voire, pourquoi pas, au véganisme. C’est notamment le cas de Cécile et de Lucie, qui ont profité du défi « Veganuary » pour devenir véganes. Un choix qu’elles ne regrettent pas. 

« Cela faisait des années que je mangeais de moins en moins de viande, à la fois pour ma santé, mais aussi parce que j’appréciais de moins en moins le goût. J’étais par ailleurs intriguée depuis un petit moment par le véganisme. J’ai donc profité du Veganuary pour modifier mes habitudes alimentaires. Très vite, j’ai constaté que passer au véganisme a été plus simple que je ne l’imaginais », témoigne Lucie, devenue végane au moins de janvier (et qui compte bien le rester).

Végétarienne de longue date, Cécile a elle aussi profité du Veganuary pour se lancer dans l’aventure : « Quand j’étais adolescente, j’avais déjà tenté de devenir végane. Mais je disposais à l’époque de peu d’informations, et j’avais perdu beaucoup de poids car je ne savais pas exactement comment m’y prendre pour combler les carences. Aujourd’hui, c’est plus facile car on est beaucoup mieux informés sur le sujet », nous raconte celle qui est depuis devenue cuisinière professionnelle.

« Le fromage, c’est le produit qui me manque le plus ! »

Innover, remplacer, varier… Les premiers défis à relever pour les personnes qui se lancent dans un régime végétalien gravitent autour des fourneaux. Challenge relevé haut la main par Lucie : « À la maison, on a appris à cuisiner différemment : omelette à la farine de pois chiche, gâteau sans oeufs… J’ai été agréablement surprise, cela m’a vraiment donné envie d’aller plus loin dans l’expérimentation culinaire. De manière globale, mes enfants veulent manger des produits vegans, surtout si cela signifie que l’on cuisine ensemble ».

Même son de cloche pour Cécile : « Je me suis beaucoup inspirée des recettes suggérées par L214, très variées et savoureuses. Je trouve ces recettes très simples et je suis convaincue qu’elles sont à la portée de tout le monde », assure la cuistot.

Mais une fois hors de la maison, le problème peut s’avérer un peu plus épineux. Dans une enquête OpinionWay réalisée pour la marque Beendi en 2020, 74% des sondés expliquent ressentir une gêne à « imposer » leur régime végétarien ou vegan de peur d’être jugés « négativement » par leurs proches.

Le genre d’obstacle que Lucie préfère contourner, en optant pour le compromis : « Si je reçois des amis à la maison, je cuisine vegan et c’est en général bien perçu. Mais quand je suis invitée, je m’adapte au menu et je deviens végétarienne pour la soirée », plaisante-t-elle.

Devenir vegan, c’est aussi renoncer à certains plaisirs, argueront certains. « Le fromage, c’est le produit qui me manque le plus ! J’ai arrêté le yaourt, et je consomme parfois de la charcuterie végétale », avoue Lucie.

Cécile, elle, appréhende les choses sous un autre angle. « J’ai remarqué que, souvent, les gens ne comprennent pas pourquoi les personnes qui ont adopté un régime vegan cherchent des alternatives types faux-mage ou viande végétale. C’est une critique très répandue, alors que beaucoup de gens choisissent de ne plus manger de produits d’origine animale non pas pour des questions de goût, mais d’éthique. Pour ma part, je ne suis pas du tout dans la recherche constante d’alternative à ces produits, même s’il m’arrive parfois d’en consommer. Car, ce qui est génial avec le veganisme, c’est l’horizon très large des recettes que l’on peut explorer. ».

5% de végétariens en France

Instaurée aux États-Unis en 1985, la Journée sans viande (à l’origine MeatOUtDay) connaît un regain d’intérêt depuis ces dernières années. Et pour cause : le nombre de végétariens et de vegans ne cesse de grossir. D’après les chiffres d’une étude réalisée en 2019 dans quatre pays d’Europe (France, Espagne, Angleterre, Allemagne) par le Crédoc, la proportion de végétariens s’élèverait à environ 5,6% dans chaque pays (5,2% en France). Une proportion qui reste donc encore marginale, mais en constante progression.

D’autant que si tout le monde ne prend pas le parti de renoncer définitivement à la viande, nombreuses sont les personnes qui tentent de diminuer leur consommation de viande, que ce soit par souci du bien-être animal et/ou par conviction écologique ou encore pour des raisons de santé. 

Les aliments entièrement dépourvus de produit d’origine animale (et donc vegans) connaissent eux aussi un engouement certain, avec un chiffre d’affaires en hausse de 24% pour l’année 2018 (380 millions d’euros) dans les grandes et moyennes surfaces françaises, selon des estimations de l’institut d’études Xerfi.

Le succès croissant du défi « Veganuary » lancé en 2014 en Angleterre représente une preuve supplémentaire de cet engouement pour le véganisme. Le principe est simple : adopter un régime végétalien pendant tout le mois de janvier (traditionnellement associé aux bonnes résolutions). L’objectif étant bien sûr d’être séduit par ce mode de vie et de l’intégrer durablement dans son quotidien. En janvier 2021, 582.530 personnes dans le monde ont participé au défi, dont plus de 10.000 Français, indique l’association L214 qui a porté le projet dans ce pays. 

(Crédits photo : KucherAV / Shutterstock )


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