08 Un usage complémentaire

Chahutée mais irremplaçable. Critiquée mais indispensable. Blacklistée mais indémodable. Entre l’automobile et les automobilistes, c’est un « Je t’aime, moi non plus » qui se joue en permanence. Mais comme pour de nombreux couples qui ont traversé des moments difficiles et ont toujours su dialoguer pour se sortir des mauvais pas, il semblerait que ce duo ait encore de beaux jours devant lui. À condition de ré‑enchanter les termes et le cadre de son union, d’adopter un nouveau mode de vie.

Une cohabitation souhaitée avec les modes de transports doux

Nous avons vu que la position de la voiture, surtout en ville, était contestée. Pour autant, il ne s’agit pas de la faire disparaître du paysage, mais plutôt d’envisager une union ouverte qui fasse la place à d’autres modes de transport plus dans l’air du temps, de préférence décarbonés. 82 % des personnes interrogées pensent en effet qu’il est possible de faire avec moins de voitures et plus de transports doux (Fig. 31). Cette aspiration à une cohabitation urbaine, dans tous les sens du terme, est partagée dans tous les pays.

 

Fig. 31 :

 

Une fois encore, sur ce thème, on retrouve les traditionnelles oppositions géographiques. D’une part, les pays émergents et méditerranéens, et la Chine, pour y être les plus favorables. D’autre part, la France, l’Allemagne et la Belgique, nos trois pays où l’écologie politique est la plus affirmée, pour afficher des convictions moins fortes, cette cohabitation semblant aller de soi et être déjà pour partie mise en pratique. Les ventes de vélos et de VAE (vélos à assistance électrique) qui ont connu un réel boom avec la crise sanitaire, le développement des pistes cyclables dans ces pays, mais aussi ailleurs, en apportent la preuve.

 

Fig. 32 / Contexte :

 

Fig. 33 / Contexte :

Des restrictions de circulation en ville indispensables mais trop nombreuses

Sur la question des restrictions à la circulation, on retrouve cette même ambivalence au sujet d’une automobile qu’il faut à la fois contrôler mais sans l’asservir.

 

Fig. 34 / Contexte :

 

Si 3 personnes sur 4 estiment que la circulation alternée, les péages urbains et l’interdiction de circuler pour certains véhicules sont indispensables et utiles, plus de la moitié juge également qu’elles sont trop nombreuses et suffisamment contraignantes (Fig. 35). Comme si l’équilibre entre « la carotte et le bâton » était sur le point d’être atteint et qu’il n’était plus nécessaire d’en rajouter. Ce qui n’empêche pas quelques pays de se projeter dans un futur restrictif où les véhicules diesel et essence seraient devenus persona non grata au sein des villes.

 

Fig. 35 :

 

Fig. 36 / Contexte :