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Au salon auto de Detroit, les start-up restent dans l’ombre

16
jan
2019

(AFP) – Convoitées par la Silicon Valley et les fleurons de l’automobile, les start-up technologiques, qui sont en train de transformer la voiture en gadget, se retrouvent confinées dans un coin réduit au salon automobile de Detroit, encore dominé par les grosses voitures.

Exclues du hall d’exposition principal, il faut traverser l’immense allée principale, descendre un long escalator pour tomber sur l’entrée menant à l’espace censé abriter leurs dernières inventions.

Il y a là des start-up spécialisées dans le développement des véhicules autonomes, celles qui repoussent les limites du design et de jeunes pousses fabriquant les capteurs ou les détecteurs laser (Lidar), une des pierres angulaires des voitures connectées et autonomes.

Le lieu contraste avec la salle d’exposition principale, où les 4X4 de ville (SUV), les pickups et les crossovers se disputent l’affiche, malgré l’offensive des voitures sportives.

Ici, les exposants déploient leurs technologies, en quête de visiteurs, souvent rares, pour partager leurs progrès. Les drones cohabitent avec des robots autonomes et des universitaires étudient la possibilité de développer un jet ski autonome.

– Ombres –
Cet espace « tech » est en effet partagé avec des universités, dont celle du Michigan (nord), qui a recréé, à quelques kilomètres de Detroit, M-City, une ville artificielle pourvue d’une connexion ultra rapide à l’internet (5G) et vivant au rythme de la réalité augmentée. C’est dans cette ville que de nombreux constructeurs testent, dans des conditions de route différentes (neige, pluie …), des prototypes de véhicules autonomes.

Au stand Velodyne Lidar, qui fabrique des détecteurs laser, un écran géant montre les alentours, soit ce que verrait un conducteur d’une voiture autonome roulant à cet endroit précis. A l’écran, s’affichent des ombres humaines en mouvement, qui représentent les visiteurs se trouvant à proximité du laser, explique Philippe Schricke, chef de projets chez Velodyne.

Cette technologie permet aux voitures autonomes de voir en 3D le monde extérieur autour d’elles mais l’acuité du capteur laser peut être brouillée assez facilement, notamment par un insecte qui se poserait sur l’objectif.

« Plus nos clients prennent part au développement, plus ils découvrent des problèmes qui paraissent évidents aujourd’hui mais auxquels on n’avait pas pensé initialement », souligne M. Schricke.

Une des problématiques à laquelle est confrontée la start-up est de savoir qui doit corriger les bugs.

A quelques pas de là, se trouve un simulateur censé donner une idée de l’intérieur de la voiture du futur.

Construit par la société BCS Automotive Interface Solutions, il montre une manette à la place du volant, des capteurs qui règlent l’air conditionné, le siège côté conducteur pivote vers un large écran installé à proximité quand le véhicule autonome roule.

Les retours des consommateurs sont positifs pour la plupart, explique Bassem Saad, en charge des produits chez BCS Automotive. Mais « certains jugent que la voiture réagit à tout appui de la manette (…) ça reste un problème d’adaptation à la technologie. Comme pour chaque nouveauté, il faudra du temps pour que les gens s’y habituent », déclare M. Saad.

D’autant, ajoute-t-il, que le design des voitures du futur n’est pas complètement défini.

« On est dans une période de transition. On ne va pas immédiatement remplacer l’ensemble du marché automobile d’un coup de baguette. Il faut procéder par étape et il faut le faire lentement », conclut M. Saad.

(Crédits photo : TIMOTHY A. CLARY / AFP )


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