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Les nouvelles figures du travail ne sont jamais loin des nouvelles figures du commerce…

Vu à Paris

Au début de l’année, la start-up Kabin installait son premier bureau en libre-service au sein d’un Daily Monop’ du quartier des Ternes, à Paris. Conçu comme « un véritable petit bureau de quartier », cet espace de 2 mètres sur 1,20 mètre, parfaitement isolé thermiquement et phoniquement (et systématiquement assaini…), peut accueillir confortablement 4 personnes sur réservation au tarif de quinze euros de l’heure. A terme, il sera possible, via l’application Kabin, de géolocaliser les cabines à disposition autour de soi et de les réserver pour des durées plus courtes.

Qu’en penser ?

Conséquence de la crise sanitaire, la notion de bureau en tant que lieu extérieur à son domicile a été profondément remise en cause, ce qui ne fut pas sans effets sur tous les rites qui lui étaient associés, des pauses à la machine à café aux déjeuners entre collègues en passant par les after-works entre potes. Ainsi dé-ritualisé, le temps dédié au travail est devenu si liquide qu’il a envahi tous les autres temps et peut désormais devenir une nécessité à n’importe quel moment et n’importe où. Il n’y a donc rien d’étonnant à découvrir l’installation d’une cabine de travail au cœur d’un Daily Monop’, initialement conçu pour permettre de s’acheter de quoi manger sur le pouce et aujourd’hui impacté par les restrictions liées à la crise sanitaire. Kabin vient ainsi à la fois réinventer les espaces de restauration, en leur associant de nouveaux services, et les espaces de travail, en les faisant apparaître dans l’espace public, en libre-service et en bas de chez soi, pour les associer plus facilement à de nouveaux rites. Entre télétravail plus ou moins subi et nomadisme croissant, toutes les enseignes qui se rêvaient déjà en lieux de vie ne doivent-elles pas, dès à présent, aussi s’envisager comme des lieux « work-friendly » ?


En bref

En Espagne, le grand magasin El Corte Inglés d’Eibar sera bientôt transformé en un entrepôt dédié aux commandes en ligne. Une partie deviendra un « magasin numérique » où les clients ne verront pas de produits mais pourront consulter des catalogues en ligne et passer des commandes.


En bref

Un anneau de lumière, un trépied pour smartphone et un fond vert à déplier, le kit Studio Creator de Canal Toys offre, pour 50 euros, de quoi permettre aux enfants de se prendre pour un influenceur…


En bref

Parfumado se présente comme le Spotify des parfums puisqu’il permet, via son service d’abonnement, de recevoir tous les mois des échantillons de 8ml de l’un des 450 parfums des marques référencés, moyennant 14,95 € par mois.


L’Œil dans le rétro

En Septembre 2010, on ne parlait pas encore du phénomène des Tiny Houses et pourtant, l’idée était déjà en germe dans les esprits de quelques visionnaires…

Nouvel habitat
Le fait

Animés par l’idée de réinventer notre habitat et de le rendre le plus respectueux possible de l’environnement, les architectes ne cessent d’imaginer de nouvelles propositions. Trois exemples relevés dans la presse nous renseignent sur leur vision du futur : une « Cabane express » de 20m2 baptisée « Cocoon », entièrement construite en bois par des Compagnons du Tour de France et achetable sur le net contre 35.000 euros ; un « POD », une cabane en bois de 6m2 plus terrasse à installer chez soi, dans son jardin contre 11.000 euros et un « Cube House », un conteneur de stockage métallique recyclé en habitat collectif ou en maison individuelle.

L’analyse
Signe de l’envie actuelle d’imaginer de nouvelles manières de vivre au quotidien, les propositions de petits habitats compacts qui, hier, passaient pour des choix radicaux et utopiques trouvent aujourd’hui un nouvel écho, à la fois économique et écologique. C’est une certitude, l’habitat de demain ne ressemblera pas à celui que nous connaissons. Inspiré des cabanes et autres structures légères, il sera d’abord envisagé comme un « habitat de complément », un « espace de repli » possible et accessible financièrement, entre la résidence principale et la résidence secondaire, pour tous ceux qui veulent se « recharger ». Prêt à vivre, facile à implanter dans des lieux variés, ne nécessitant ni compétence, ni autorisation particulière, il sera aussi comme une promesse de liberté et d’autonomie. Minimalistes et innovantes, véritables concentrés de design malin, ces nouvelles propositions ne donneront-t-elles pas, enfin, à ceux qui les habiteront le sentiment de vivre de façon essentielle, loin du superflu et de tout luxe apparent ?