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Partie 1 - La Voiture, Transport En Commun Du Futur

La contrainte financière

5 minutes de lecture

Des voitures toujours plus chères

Les « coûts et la cherté » de l’automobile sont devenus un souci majeur pour les consommateurs d’aujourd’hui. Sept Européens sur dix pensent que le prix moyen des véhicules a augmenté depuis 10 ans. Cette hausse est davantage ressentie chez les Allemands (81 %), les Français et les Italiens (73 %), les Turcs (72 %) que chez les Espagnols (55 %) ou les Portugais (67 %).

Cette perception est tout à fait légitime au regard de l’évolution des prix moyens automobiles en Europe : sur les dix dernières années, les prix catalogue ont progressé de l’ordre de 2/2,5 % par an. Il y a dix ans, le prix d’achat d’une automobile représentait moins de 40 % du revenu des ménages en Europe. Aujourd’hui, ce même ratio approche les 45 %.

Une hausse qui dure

Près de deux Européens sur trois (63 %) n’imaginent pas que la tendance à la hausse du prix moyen des véhicules va s’inverser au cours des dix prochaines années. Les Allemands (80 %), les Britanniques (68 %), les Belges (67 %), mais aussi les Français (66 %) sont les plus pessimistes.
L’intégration de nouvelles technologies de dépollution ou de propulsion pourrait en effet conduire à l’augmentation du produit automobile. Ainsi, on estime qu’un véhicule répondant aux normes Euro 6 (introduite en 2014) coûtera en moyenne 1 000 € de plus.

En raison de la hausse des prix des véhicules, l’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf en Europe est d’environ 50 ans. En effet, l’effort financier exclut une frange de la population, les jeunes en particulier.

Le recours au crédit s’impose donc, pour 68 % des Européens, comme une solution quasi incontournable pour financer l’achat du véhicule. C’est le mode de financement idéal sous toutes ses formes : crédit classique, mais aussi location (LLD, LOA). Le recours au crédit est plus systématique chez les Turcs (88 %), les Italiens (77 %) et les Espagnols (75 %). Moins d’un Européen sur trois préfère acheter son véhicule au comptant, mais les Britanniques (47 %) et les Allemands (42 %) restent favorables à cette solution.

Un facteur de choix

Dans le choix de leur véhicule actuel, les Européens ont été davantage attentifs à leur portefeuille qu’à la pollution : la consommation de carburant a été un critère déterminant pour 87 % des Européens. Le fait que leur voiture soit peu polluante a été plus secondaire (52 %).

Les pays d’Europe du Sud davantage touchés par la crise économique ont été particulièrement sensibles à la consommation de carburant : Espagnols (92 %), Portugais (89 %) et Italiens (83 %). Mais les Allemands (88 %) et les Turcs (94 %) ont également arbitré la main sur le portefeuille.

L’importance du coût

À l’avenir, les Européens garderont un œil sur les coûts. Pour le choix de leur prochain véhicule, l’attention portée à la consommation de carburant l’emportera encore sur la pollution engendrée par l’automobile (93 % contre 73%). L’impact de leur futur véhicule sur l’environnement sera toutefois davantage pris en compte par près de trois Européens sur quatre (73 %). Le bond est spectaculaire au Portugal (+ 29 points), en Espagne (+ 24 points), et en France (+ 23 points).

Internet va aussi beaucoup influencer la vie des automobilistes à l’avenir. À la recherche du meilleur prix, les consommateurs comptent l’utiliser pour l’achat de pièces détachées pour leur véhicule : 59 % des Européens envisagent de le faire dans dix ans. Les plus nombreux sont en Turquie (69 %), au Portugal (67 %), en Italie (64 %), en Allemagne et en France (62 %).

En revanche, les consommateurs ne sont pas encore prêts à acheter leur véhicule sur la Toile. 55 % des Européens déclarent ne pas envisager d’acheter et de payer directement leur véhicule sur Internet dans dix ans. Les femmes apparaissent comme les moins enclines à franchir le cap de l’achat en ligne.

Le meilleur prix pour l’après-vente

Pour l’entretien et la réparation de leur véhicule, près d’un Européen sur deux est séduit par le « Do-it-Yourself ». Cette formule a les faveurs des Espagnols (59 %), des Français (56 %), des Italiens (58 %) et des Portugais (55 %). Les Allemands et les Belges envisagent moins d’y recourir, ainsi que les Britanniques.

Par ailleurs, la pratique du self-garage (qui consiste à disposer d’un poste de travail dans un garage professionnel et des conseils d’un professionnel pour entretenir soi-même son véhicule) intéresse 42 % des Européens. Cette formule économique, puisqu’elle permet de réduire la facture en réduisant les frais de main-d’œuvre, attire les Turcs (54 %), les Italiens (48 %), les Espagnols et les Portugais (47 %).

Le coût d’entretien

S’ils recherchent des formules économiques pour la réparation de leur véhicule, les consommateurs ne négligent toutefois pas la facilité d’entretien. Ainsi, dans dix ans, les deux tiers des consommateurs envisagent de souscrire un package « services d’entretien tout compris » (4 % le font déjà).

Une formule apparaît comme gagnante pour l’entretien et la réparation : le « buy & fit », qui consiste à acheter soi-même au meilleur prix les pièces et à confier ensuite l’entretien du véhicule à un professionnel. Cela permet de concilier recherche du meilleur prix et facilité d’entretien. Ainsi, 52 % des Européens envisagent de pratiquer cette formule dans dix ans. Elle est déjà été adoptée par 8 % d’entre eux.

Sous-Partie 4
L’innovation reconnue
Les consommateurs européens jugent que les principaux progrès réalisés dans l’automobile depuis 10 ans portent avant tout sur la production de véhicules moins polluants (42 %) et plus sûrs (
Sous-Partie 6
Trois défis pour demain
Pour les consommateurs européens, le coût très élevé (59 % pour la moyenne des huit pays étudiés), les problèmes liés à la circulation (45 %) et les émissions de gaz à effet de serre (44