Une image à géométries variables
Le sentiment de posséder un SUV localement surévalué

On pourrait considérer que la reconnaissance d’un véhicule à partir du seul tracé de sa silhouette revêt une grande part d’aléas. Les réponses apportées par les automobilistes quand il s’agit de dire s’ils possèdent ou non un SUV plaident cependant dans le sens du flou qui entoure les SUV et leur identification.
Globalement, seulement 5 % des non-possesseurs de SUV se trompent au sujet du véhicule qu’ils possèdent (Fig 2). Ce chiffre monte à 45 % pour les possesseurs de SUV qui pensent en posséder un alors que ce n’est pas le cas. Soit des pourcentages quasiment identiques à ceux de la reconnaissance des silhouettes.
Fig 2 – Erreurs de perception du type de véhicule possédé
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L’infographie montre la proportion de conducteurs se trompant sur leur type de véhicule, parmi ceux pensant posséder un SUV et ceux pensant ne pas en posséder. Une moyenne est indiquée : 45 % et 5 %.
Parmi ceux pensant posséder un SUV :
Afrique du Sud : 50 %
Allemagne : 43 %
Belgique : 39 %
Brésil : 68 %
Chine : 41 %
Espagne : 37 %
États-Unis : 29 %
France : 34 %
Italie : 22 %
Japon : 50 %
Mexique : 62 %
Norvège : 30 %
Pays-Bas : 41 %
Pologne : 58 %
Portugal : 49 %
Royaume-Uni : 49 %
Turquie : 61 %
Parmi ceux pensant ne pas posséder de SUV :
Les valeurs sont toutes faibles, autour de 1 % à 8 % selon les pays (3 % pour la plupart).
Enseignement principal : l’erreur est beaucoup plus fréquente chez les personnes convaincues d’avoir un SUV que chez celles convaincues de ne pas en avoir.
Source : L’Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022.
Ce résultat fait surtout apparaître une grande disparité géographique. Ainsi, Brésil, Mexique et Turquie, trois pays aux économies émergentes, recensent le plus grand nombre d’erreurs (respectivement 68 %, 62 % et 61 %). La Pologne se joint à ce trio avec de nombreuses opinions erronées (58 %). À l’opposé, les erreurs sont moins importantes dans plusieurs pays européens comme l’Italie, la Norvège ou encore la France (22 %, 30 % et 34 %). Les États‑Unis, berceau du SUV et patrie des véhicules multi usages, affichent également un taux d’erreur relativement modéré (29 %).
Un rapport qualité prix plébiscité dans les pays émergents
On retrouve une dichotomie géographique similaire, opposant globalement pays émergents et pays occidentaux, quand il s’agit de vanter le bon rapport qualité prix offert par les SUV. À ce sujet, l’Afrique du Sud et le Mexique sont les plus affirmatifs avec des scores qui frôlent le plébiscite absolu (93 % et 90 %) (Fig 3). Derrière ce duo, la Turquie, la Chine, la Pologne, les États-Unis et le Brésil recensent près de 8 automobilistes sur 10 pour vanter le bon rapport qualité prix des SUV. Traits communs à la plupart de ces pays ? Des grandes métropoles urbaines, des territoires étendus, des déplacements automobiles souvent longs qui peuvent expliquer le choix d’un véhicule répondant à de multiples usages pour des familles parfois nombreuses. Nous y reviendrons.
Fig 3 – Perception du rapport qualité-prix des SUV par pays
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L’infographie compare la proportion de personnes estimant que les SUV offrent un bon rapport qualité-prix. Une moyenne est indiquée : 72 %.
Données par pays :
Afrique du Sud : 93 %
Allemagne : 51 %
Belgique : 57 %
Brésil : 78 %
Chine : 89 %
Espagne : 74 %
États-Unis : 84 %
France : 55 %
Italie : 63 %
Japon : 71 %
Mexique : 90 %
Norvège : 68 %
Pays-Bas : 60 %
Pologne : 85 %
Portugal : 64 %
Royaume-Uni : 58 %
Turquie : 85 %
Enseignement principal : les niveaux d’adhésion sont très élevés dans plusieurs pays émergents ou non européens, plus modérés en Europe occidentale.
Source : L’Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022.
Des usages qui varient
Les lieux où l’on roule mettent aussi en lumière les différences géographiques qui voient s’opposer les pays occidentaux et les autres pays de cette étude. Hors Europe, on circule en SUV majoritairement en ville ou dans un environnement urbain (58 %) (Fig 4). Brésiliens et Chinois s’affirment comme les champions toutes catégories de ce type d’usage (83 % et 72 %). À l’inverse, l’usage européen du SUV est beaucoup moins centré sur la ville et ses environs proches (34 %). On recense seulement 16 % des Belges et 20 % des Hollandais pour l’utiliser ainsi, deux pays où le vélo en ville est roi. Nous constaterons à plusieurs reprises au cours de cette étude que les différences géographiques viennent souvent structurer les opinions vis-à-vis du SUV.
Fig 4 – Modes d’usage du véhicule selon le type de propriétaire
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L’infographie compare les usages du véhicule entre possesseurs de SUV et non-possesseurs, en Europe et hors Europe. Les catégories d’usage vont du rural exclusif à l’urbain exclusif.
Europe – Possesseurs de SUV
Presque exclusivement rural : 2 %
Majoritairement rural : 7 %
Urbain + rural : 57 %
Majoritairement urbain : 21 %
Presque exclusivement urbain : 13 %
Europe – Non-possesseurs de SUV
Presque exclusivement rural : 2 %
Majoritairement rural : 8 %
Urbain + rural : 50 %
Majoritairement urbain : 24 %
Presque exclusivement urbain : 16 %
Hors Europe – Possesseurs de SUV
Presque exclusivement rural : 1 %
Majoritairement rural : 3 %
Urbain + rural : 39 %
Majoritairement urbain : 29 %
Presque exclusivement urbain : 29 %
Hors Europe – Non-possesseurs de SUV
Presque exclusivement rural : 2 %
Majoritairement rural : 7 %
Urbain + rural : 32 %
Majoritairement urbain : 38 %
Presque exclusivement urbain : 27 %
Enseignement principal : la majorité utilise son véhicule dans des contextes mixtes urbain/rural, mais l’usage urbain exclusif est nettement plus fréquent hors Europe.
Source : L’Observatoire Cetelem de l’Automobile 2022.