05 Une source de critiques multiples

Un véhicule jugé polluant… ou non

S’il est un thème critique qui colle au SUV comme le bout de ruban adhésif aux doigts du capitaine Haddock cher à Hergé, c’est bien celui de la pollution. Et sur ce thème aussi, les oppositions entre non-possesseurs et possesseurs, de même qu’entre pays, sont marquées. 36 % des non‑possesseurs pensent qu’un SUV est plus polluant que tout autre type de véhicule alors que seulement 23 % des possesseurs sont d’accord avec cette affirmation (Fig. 7). Et selon où l’on vit, les opinions sont encore plus tranchées. Comme fers de lance de cette critique environnementale, on retrouve les non-possesseurs allemands, britanniques, néerlandais et français, alors qu’une fois encore ceux des pays émergents font part d’une opinion différente. Chez les possesseurs, les points de vue sont également fortement divergents sans pour autant afficher la même partition géographique.

Les possesseurs de SUV néerlandais et sud‑africains sont ainsi les plus critiques (31 %) à l’inverse des Mexicains et des Turcs (11 % et 13 %).

Fig.7

Un véhicule sociétalement critiqué

La question environnementale est bien la pierre d’achoppement qui voit les pro ou anti SUV s’opposer.

Avec constance et régularité, le débat public se fait écho des critiques quis’abattent sur le SUV en la matière. Selon une étude d’octobre 2019 de l’Agence internationale de l’énergie, les SUV sont les deuxièmes contributeurs de l’augmentation des émissions de CO2 au niveau mondial depuis 2010, derrière la production d’électricité, précédant l’industrie lourde, le transport routier et l’aviation. Une étude du Fonds mondial pour la nature (WWF) arrive aux mêmes conclusions.

Pour autant, il convient de nuancer ce résultat en fonction du type de SUV. L’impact d’un SUV américain, plus lourd, plus imposant, plus puissant et encore moins aérodynamique que son homologue européen, est beaucoup plus significatif. Il convient aussi de souligner que la croissance des ventes des SUV dans certains pays comme la France va de pair avec la diminution de celle des véhicules diesel. « L’électrification » croissante des gammes ainsi que le renforcement des contraintes environnementales participent d’une évolution vertueuse en matière de consommation énergétique à l’usage.
Mais cette question ne constitue pas le seul reproche qui fait du SUV un sujet qui divise. Sa taille et son encombrement posent souvent problèmes dans les villes où il est de plus en plus présent.

Les voies de circulation et les parkings sont ainsi sous-dimensionnés pour qu’il y trouve facilement sa place. Autre sujet de critique, sa nature accidentogène. Une étude d’AXA, réalisée en Suisse en août 2020, soulignait que plus la taille d’un SUV est importante, plus le risque d’accident est élevé. En 2018, aux États-Unis, la Governors Highway Safety Association soulignait que le développement important des light trucks augmentait la mortalité des piétons dans les accidents de la route.

L’essentiel

  • 45 % des possesseurs de SUV se trompent sur la nature de leur véhicule contre seulement 5 % des non-possesseurs
  • 8 possesseurs de SUV sur 10 apprécient son rapport qualité prix
  • 6 possesseurs de SUV sur 10, hors Europe, circulent essentiellement en ville et en environnement urbain
  • 1 possesseur de SUV sur 2 trouve les critiques justifiées à son sujet contre 2 non-possesseurs sur 3
  • 23 % des possesseurs de SUV trouvent qu’il pollue plus que tout autre véhicule contre 36 % des non-possesseurs
  • 4 non-possesseurs de SUV sur 10 trouvent que ses acheteurs suivent une mode