Observer, éclairer et décrypter l'évolution des modes
de consommation en France et à l'international

Partie 2 - Autres mobilités, en complément

Le mix-mobilité : une tendance urbaine

5 minutes de lecture

L’émergence inégale des mobilités douces

Des différences géographiques marquées

La prépondérance relative accordée à la voiture pour un usage quotidien ou afin de partir en vacances ou s’octroyer des loisirs laisse apparaître un tropisme de plus en plus affirmé pour les mobilités douces. De fait, avec près d’1 personne sur 2 qui utilise un vélo, une trottinette ou un deux-roues motorisé, plus question de parler d’un simple intérêt poli, mais d’une véritable alternative de plus en plus séduisante. Certes, ceci concerne davantage les pays européens. Certes les disparités sont marquées, comme rarement jusqu’à présent dans cette étude. Aux Pays-Bas, avec 85 % des répondants qui ont fait entrer les mobilités douces dans leur vie, on peut parler d’attitude sociétale généralisée à l’échelle du pays (voir plus loin). Les Chinois, associés aussi naturellement au vélo, mais également les Polonais, plébiscitent les mobilités douces comme complément de la voiture. À l’opposé, les Américains, les Portugais et les Africains du Sud tardent à céder aux sirènes de ce mode de déplacement (1 sur 3). En France, la moitié des automobilistes disent s’y adonner (Fig. 41).


Fig.41

Près d’un Européen sur deux plébiscite les mobilités douces comme complément de la voiture.

Un attrait de plus en plus fort

Mieux encore, ces attitudes de mobilité respectueuses de l’environnement gagnent peu à peu du terrain. Les mobilités douces sont davantage pratiquées par près d’un tiers des automobilistes interrogés, chiffre supérieur à celui des personnes qui déclarent moins les utiliser. Pour tous les autres items, le nombre des automobilistes qui ont renoncé à certains moyens de transports est supérieur à celui de ceux qui les ont davantage utilisés (Fig. 42)

Fig.42

Les transports en commun, le train et le car attirent cependant respectivement 23 %, 16 % et 15 % de nouveaux adeptes. De façon générale, on constate un certain statu quo avec environ la moitié des possesseurs de voiture n’ayant pas modifié leur pratique de mobilité.

Spécifiquement, en terme géographique, la Turquie semble la plus disposée à utiliser toutes les façons de se déplacer possibles pour trouver une alternative à une voiture jugée trop coûteuse. Mobilités douces, transports en commun, train, car, avion, autopartage, quel que soit le mode de transport, elle arrive en tête du classement des 18 pays. Elle se trouve seulement supplantée par la Chine, de 2 pts, en ce qui concerne le covoiturage.

En 5 ans, les ventes de VAE ont été multipliées par 3 en Europe.

Le phénomène vélos et trottinettes électriques

Parler des mobilités douces invite à se pencher plus attentivement sur le cas des vélos et autres trottinettes, à l’échelle de l’Europe. Quand on pense vélo, on pense immanquablement aux Pays-Bas, pays qui compte en moyenne 1,3 vélo par habitant et dont la ville d’Utrecht s’enorgueillit de posséder le plus grand parking qui lui est dédié au monde*. Mais quand on dit vélo, il convient surtout désormais d’y associer l’adjectif électrique. En 5 ans, à l’échelle de l’Europe, les ventes de Vélos à Assistance Electrique (VAE) ont presque été multipliées par 3 pour dépasser allègrement les 3 millions d’unités (Fig. 43). De leur côté, les ventes de vélos classiques sont relativement stables à 22 millions en 2020, dans 28 pays européens. À titre de comparaison, les seules ventes de VAE en Chine s’élèvent à 16 millions d’unités en 2020. En France, elles représentent 24 % du total des ventes en 2021. En Allemagne, la part de marché des VAE est encore plus marquée et s’établit à 40 %. Un rapport sur la mobilité publié en 2019 a montré qu’ils se vendaient davantage en zone rurale et chez les séniors. Aux Pays-Bas, les cyclistes sont aussi de plus en plus nombreux à passer à l’électricité. 

Au sujet de la trottinette électrique, le sourire est aussi de mise. En France, les ventes ont été multipliées par 9 entre 2017 et 2021. Le cap du million d’unités vendues chaque année sera très prochainement dépassé.

* Source : deustschland.de

Fig.43 / Contexte

Le coût très variable des mobilités alternatives

La comparaison du coût des mobilités alternatives fait apparaître des variations sensibles selon les pays. À noter que la France présente des arguments positifs pour inciter ses citoyens à changer de mode de déplacement (Fig. 44 et 45).

Fig.44 / Contexte

Fig.45 / Contexte

.

Mobilité (douce) ne rime pas avec ruralité

Les résultats précédents font apparaître en filigrane une opposition monde rural-monde urbain, au sujet des mobilités douces. Deux éléments plus précis apportés par cette étude viennent conforter cette analyse. Au quotidien, la différence est flagrante entre les ruraux pour lesquels la voiture s’impose à l’usage et les urbains qui peuvent plus facilement s’en passer. Pour 56 % des premiers, c’est une évidence, ce qui est le cas pour seulement 35 % des seconds (Fig. 46). Cet usage quotidien en monde rural de la voiture est principalement le fait des pays occidentaux. Les taux les plus importants sont en effet enregistrés aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France, quatre pays où le secteur automobile occupe une position économique essentielle.

Fig.46

L’essentiel

L'essentiel partie 2

Sous-Partie 5
Difficile de faire sans voiture
Historiquement, pré-historiquement surtout, l’homme a toujours été nomade. La mobilité lui était consubstantielle tant pour lui assurer ses moyens de survie que sa sécurité. Depuis le d
Sous-Partie 7
L’automobile, motif d’exclusion ?
Economy, stupid. Cette sentence devenue culte avait été écrite en 1992 par James Carville, conseiller du futur président Bill Clinton, sur un panneau, au siège de campagne à Little Rock. Au