08 Quand l’électrique supprime certaines tensions

Alerte conso

Nous avons vu que le SUV n’était pas assimilé à un véhicule qui consommait peu. La consommation en carburant est de fait un sujet qui questionne, même les possesseurs de SUV, dans un contexte où les prix à la pompe se sont emballés. 34 % d’entre eux désignent la consommation comme la principale raison qui les a fait hésiter à acheter un SUV, une préoccupation partagée surtout par les plus de 55 ans (Fig. 20).

Une question particulièrement sensible dans les pays émergents, en Italie et en Espagne. La Norvège, pays de la voiture électrique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et le Japon sont moins concernés par cette problématique. Mais il faut voir derrière cette préoccupation une dimension essentiellement économique et pas vraiment environnementale. Seulement 23 % des possesseurs de SUV ont hésité à l’acheter, confrontés au potentiel impact environnemental de ce type de véhicule.

Fig.20

La fée électricité bénéfique au SUV

Mais s’il doit y avoir impact environnemental, les automobilistes ont une idée pour le réduire. 77 % estiment que la production de SUV électriques ou hybrides permettrait d’atteindre cet objectif. Dans les pays émergents, ainsi qu’en Pologne, cette solution est même plébiscitée avec des taux d’adhésion qui voisinent, voire dépassent, les 90 %. À l’inverse, des pays comme l’Allemagne, la Belgique et la France se montrent un peu plus mitigés avec des réponses positives inférieures à 60% (Fig. 21). Nous avions déjà constaté, dans des éditions précédentes de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile, le regroupement de ces trois pays sur les thématiques liées à l’environnement. Un regroupement dû à leur maturité sur ce sujet et à la prise en compte d’un impact environnemental qui ne se limiterait pas à la seule consommation d’énergie.

Fig.21

SUV électrique – Citadine thermique : 1-0

La fée électricité fait également preuve de sa supériorité environnementale lorsqu’il s’agit d’opposer SUV électrique et citadine thermique. De match alors il n’y a pas, ou presque, le premier recueillant en moyenne 71 % d’opinions favorables contre 29 % pour la seconde (Fig. 22). Là encore, on retrouve les mêmes oppositions géographiques que celles vues précédemment avec d’un côté des pays émergents qui soutiennent sans réserve le SUV électrique et de l’autre notre trio, auquel on peut ajouter la Norvège, qui se montre plus sceptique. L’Allemagne est même le seul pays où la citadine thermique l’emporte sur le SUV électrique, la France étant à 1 % de penser la même chose. À noter aussi le particularisme ibérique qui voit l’Espagne et le Portugal afficher des scores comparables à ceux des pays émergents.

Fig.22

La réponse des constructeurs dans le sens des attentes

Le tropisme électrique des automobilistes les invite aussi à regarder avec bienveillance les efforts des constructeurs automobiles à vouloir proposer davantage de véhicules hybrides ou électriques. Pour 83 % des personnes interrogées, ils font d’abord preuve d’anticipation. Anticipation des restrictions de circulation urbaine, d’objectif de neutralité carbone, de la disparition programmée des moteurs thermiques. Une fois encore, hormis l’Espagne, l’Italie et la Pologne, les pays occidentaux sont légèrement moins enclins à le penser. Avec un pourcentage quasiment identique (82 %), les automobilistes pensent que les constructeurs s’appuient sur ce type de motorisation pour atteindre les objectifs environnementaux, toujours plus contraignants, qui leur sont fixés (Fig. 23). À ce sujet, les réponses entre pays sont plus homogènes que sur l’item précédent.

Fig.23

Alors que 78 % jugent aussi que les constructeurs répondent aux attentes des automobilistes, deux bémols se glissent cependant dans ce concert relativement positif. 79 % de ces derniers estiment qu’ils en profitent pour augmenter leurs tarifs et 76 % jugent qu’ils se donnent ainsi bonne conscience. La dichotomie géographique traditionnelle éclate pour faire place à des regroupements inédits. Brésiliens, Français et Polonais se regroupent au sein d’un trio qui vilipende l’âpreté aux gains des constructeurs. Côté indulgents, on rencontre les Japonais et les Chinois. Pour condamner la bonne conscience facile que s’offrent les constructeurs, les Français s’associent aux Espagnols, aux Turcs, aux Brésiliens, aux Polonais et aux Japonais. Et c’est au tour des Norvégiens, des Néerlandais et des Portugais d’être moins soupçonneux.

Le SUV se branche à l’électrique

Alors que le marché automobile voit l’émergence de « pure electric players » en matière de conception de SUV, force est de constater que les trois années à venir seront marquées du sceau massif d’une électrification à 100 % de nombreux véhicules de ce type.

Fig.24

 

Fig.25