01 Amour toujours

S’il est un domaine où amour semble rimer avec toujours, c’est bien le secteur automobile. Crises, suspicion, contraintes, évolutio n des modes de vie et des comportements, rien ne semble devoir altérer la place et l’usage d’un produit-star plus que centenaire qui se maintient très en forme. Mais l’amour que lui portent les automobilistes est loin d’être aveugle, les bons sentiments voisinant les bonnes raisons.

Produit manufacturé majeur et symbole du développement consumériste, l’automobile recueille les louanges d’admirateurs béats tout comme elle subit les foudres de contempteurs acharnés. Car s’il est une vérité bien établie depuis la création en 1769 par Joseph Cugnot du premier véhicule automobile, c’est que la voiture ne laisse pas indifférente.
En 2017, L’Observatoire Cetelem intitulé «Ma voiture bien aimée» soulignait que 9 automobilistes sur 10 en avaient une bonne, voire une très bonne opinion. Et pour 8 sur 10, il était hors de question de s’en passer.

Un engouement qui ne faiblit pas

Trois ans plus tard, la voiture a toujours la cote dans des proportions quasiment identiques. 8 personnes sur 10 se déclarent attachées au véhicule qu’elles possèdent (Fig.1). L’Italie, la Pologne et l’Espagne rassemblent les plus enthousiastes (9/10), tandis que la Belgique et la Chine tempèrent légèrement cet unanimisme (7/10). La France se situe dans la moyenne alors que les États-Unis, pays de l’autoreine, affichent une ferveur légèrement moindre.

FIG. 1 :

 

Augmentation du taux de motorisation : des preuves d’amour

S’il fallait une preuve de l’engouement suscité par l’automobile, les chiffres du taux de motorisation (Fig. 2 et 3) en seraient l’une des plus évidentes.
Ces dernières années, ils n’ont cessé de croître dans les pays de l’Observatoire Cetelem, à deux réserves près.
Les grands centres urbains occidentaux affichent une décrue de l’équipement.
La Chine, où les ventes reculent actuellement, continue de voir son taux de motorisation augmenter. Cependant, elle enregistre encore le plus faible score de ce classement suivie de près par l’Afrique du Sud, la Turquie et le Brésil. Ces pays, moins équipés et de façon plus récente, forment un quatuor au comportement homogène et distinct de celui du reste de la planète. Un quatuor singulier illustrant la fracture géographique internationale qui touche sur certains sujets le secteur automobile. Sans surprise, les États-Unis trônent en haut du classement du nombre de voiture par habitant.

FIG. 2 :

 

FIG. 3 :

 

LA COTE AVEC LES JEUNES

Autre bonne nouvelle pour les constructeurs, les millennials, vivier de futurs clients, sont plus enclins que leurs aînés à déclarer leur attachement (Fig. 4).
Une différence générationnelle qui constitue certainement la plus importante fracture mise en évidence par l’enquête.
En Chine, les millennials sont même deux fois plus nombreux que les seniors à revendiquer cet attachement. Le développement massif et récent de l’automobile explique pour beaucoup cet écart. Pour les plus jeunes, l’automobile fait depuis toujours partie de leur vie.
Ce n’est pas le cas des seniors qui ont longtemps vécu sans automobile. Parce que les millennials habitent plus naturellement en ville, c’est dans les agglomérations de plus de 1 million d’habitants que l’affection pour l’automobile est le plus revendiquée. Une nouvelle fracture qui amène à considérer différemment la « voiture des villes » et la « voiture des champs ». Les écarts sont particulièrement sensibles en Chine, aux États-Unis et au Japon, pays aux nombreuses mégalopoles.

FIG. 4 :