02 Posséder une voiture : raisons et sentiments

Au-delà de cet «amour» de l’automobile, diverses raisons, mêlant pragmatisme et idéalisme, invitent à en faire l’acquisition (Fig. 5 et 6).
Pour 39% des personnes interrogées, une voiture est avant tout indispensable pour se déplacer, surtout pour les ruraux (47%) et les seniors. (44%). Une caractéristique particulièrement mise en avant en Italie, en Belgique et au Japon, beaucoup moins en Allemagne.
Mais la voiture n’est pas seulement un objet pratique, elle reste aussi porteuse de rêve. Pour 17% des automobilistes, c’est un moyen de liberté incomparable. Cet avis est également partagé quelle que soit la génération, notamment par les Espagnols et les Allemands (40% et 31%). À l’opposé, les Japonais sont seulement 5% à associer automobile et liberté.
Pour 12%, la voiture est un plaisir en soi qui ne saurait être boudé, surtout par les Américains et les Sud-Africains (22%). Seulement 5% des Portugais se demandent où il y a du plaisir à conduire. À ce sujet, les millennials, sans doute parce qu’ils projettent ou découvrent le potentiel plaisir de l’automobile, se montrent plus enthousiastes que leurs aînés qui, avec le temps, semblent avoir fait le tour de la question (15% vs 9%).

Enfin, 11% jugent ensuite que la voiture est une contrainte économique. 9% estiment qu’elle est de moins en utile comparée aux offres de transports de plus en plus nombreuses (transports en commun, autopartage, covoiturage, etc.).

FIG. 5 :

 

FIG. 6 :

 

CONSERVER SA VOITURE : UN CHOIX PRINCIPALEMENT AFFECTIF

Lorsqu’ils expriment les raisons qui les poussent à conserver leur véhicule, les automobilistes distinguent cette fois davantage les dimensions idéalistes que pragmatiques (Fig. 7 et 8).
Pour 59 % des personnes interrogées, la liberté procurée est à leurs yeux décisive. Africains du Sud, Portugais et Allemands composent le trio le plus épris de liberté (74 %, 69 %, 66 %), alors que Japonais et Chinois en font le moins état (44 % et 52 %). Les Français se situent quant à eux dans une juste moyenne.
38 % affirment tout simplement aimer leur voiture.
Les Sud-Africains lui déclarent majoritairement leur flamme (60 %), tout comme les Américains et les Britanniques, fidèles à leur image de passionnés d’automobile (57 % et 52 %). En revanche, à l’encontre d’un certain cliché, les Italiens sont les moins épris de leur voiture (22 %).
23 % n’imaginent même pas se passer de voiture.
Les Sud-Africains sont une fois encore les plus nombreux à repousser cette perspective (35 %). À l’opposé, les Chinois, dont le pays est le premier marché automobile, et les Italiens résistent peu à cette idée (12 % et 14 %).

FIG. 7 :

 

SAVOIR RAISON (ET AUTOMOBILE) GARDER

D’autres raisons plus raisonnables conduisent les automobilistes à ne pas vouloir lâcher le volant pour l’ombre.
50 % des personnes interrogées estiment qu’elle reste indispensable au cas où elles en auraient besoin, surtout en Chine (61 %), beaucoup moins en Turquie (26 %).
32 % jugent n’avoir pas d’autre alternative pour se déplacer, les Français étant les plus nombreux dans ce cas (44 %).
Ce résultat explique en creux pourquoi toucher en France à l’automobile peut se transformer en sujet potentiellement explosif (cf. le mouvement des « gilets jaunes »). À l’inverse, il est possible d’habiter un grand pays, au sens géographique, comme le Brésil et être seulement 15 % à juger la voiture sans concurrent crédible.

FIG. 8 :