08 Une question avant tout budgétaire

Si la question écologique pèse désormais de façon importante, la question économique reste cependant prioritaire. Lorsqu’on interroge les personnes qui ne possèdent pas de voiture, seulement 12 % mettent en avant les problèmes environnementaux pour justifier ce choix. Car pour elles, elle est d’abord trop chère à l’achat et engendre des coûts d’entretien trop importants (36 % et 34 %). Ce coût élevé à l’achat est particulièrement ressenti dans les pays « émergents » – Turquie, Afrique du Sud et Brésil – où les niveaux de vie sont moindres. Un tiers des personnes interrogées l’expliquent ensuite par le fait de ne pas avoir le permis (Fig. 19).

FIG. 19 :

 

UN USAGE QUI COÛTE PLUS CHER QUE L’ACHAT

La perception entre achat et usage est significativement différente pour les propriétaires d’un véhicule, la question économique restant cependant prépondérante.
Seulement 18% jugent que financer l’achat de son véhicule constitue une dépense importante. Mais pour 85 %, le carburant arrive en tête des coûts constatés.
Une opinion très forte en Pologne et au Brésil, beaucoup moins aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Sur ce sujet, qui a été le déclencheur de la crise des Gilets Jaunes, la France exprime une opinion toute aussi massive, légèrement supérieure à la moyenne (88 %).
Le coût de l’assurance et les frais d’entretien sont ensuite soulignés (70 % et 54 %). L’Italie, le Portugal et l’Espagne pointent les premiers (83 %, 80 % et 77 %).
La Chine et la Turquie sont les plus sensibles aux seconds (70 % et 67 %).

DES MILLENNIALS QUI ENCAISSENT LES COÛTS AUTOMOBILES

Une fois encore, le fossé générationnel est fortement marqué en ce qui concerne ces trois principaux postes de dépenses. Les millennials sont 79 %, contre 89 %, pour les séniors, à placer le carburant en tête des postes budgétaires. L’écart est encore plus grand pour l’assurance et l’entretien (78 % vs 61 %, 60 % vs 46 %). L’entrée dans la vie active et des revenus moins élevés à cette période de la vie semblent devoir expliquer ces différences.
Aux yeux des millennials, la liberté associée à l’automobile a un coût. Souvent trop élevé.

FIG. 20 :

 

CARBURANT TROP CHER, UNE BONNE RAISON DE NE PAS PRENDRE SA VOITURE

La question du coût du carburant alimente également ce même hiatus générationnel quant à l’utilisation de son véhicule. Si 1 personne sur 2 renonce à se mettre au volant en raison d’un coût trop élevé, les millennials sont 63 % à le faire contre seulement 46 % des plus de 55 ans. La différence la plus significative s’enregistre au Royaume-Uni où ils sont 3 fois plus nombreux que leurs aînés à s’abstenir de mettre la clé sur le contact en raison du prix du carburant. En France et en Espagne, l’écart est également sensible (+24 et +21 points). Seule la Turquie se démarque avec des seniors plus sensibles au prix que les plus jeunes (Fig. 21 et 22).

FIG. 21 :

 

FIG. 22 :

 

SENIORS ET HABITANTS RURAUX : MOINS DE TAXES, PLUS D’ARGENT

Une autre question posée aux automobilistes confirme que la problématique carburant est définitivement économique avant d’être écologique. Lorsqu’on les interroge pour savoir si les pouvoirs publics devraient augmenter les taxes sur les carburants afin de favoriser des modes de transport vertueux ou les baisser pour augmenter le pouvoir d’achat, la réponse est sans ambiguïté. 61 % sont pour la seconde option contre seulement 18 % pour la première. Les seniors sont les plus enclins à soutenir cette solution du moins de taxes (65 % vs 55 % pour les millennials).
Sans doute parce que la voiture leur est plus indispensable, les habitants des campagnes sont plus favorables à cette mesure que ceux des grandes villes. C’est en France où l’écart est le plus important (25 points).
Au plan géographique, les écarts générationnels sont particulièrement sensibles en Afrique du Sud, en Turquie, aux Pays-Bas, en Belgique et en France. Seule la Chine se distingue pour choisir une augmentation des taxes afin de favoriser l’environnement. Confrontés à une forte pollution aérienne, 44 % d’automobilistes optent pour cette mesure contre seulement 34 % pour un soutien au pouvoir d’achat (Fig. 23).

FIG. 23 :